Il s’appelait Jean Méritan et était steward sur les bateaux en Méditerranée. C’est à lui que l’on doit une invention toute marseillaise : le camion à pizza. En 1962, celui que l’on surnommera bientôt « Jeannot le pizzaïolo » installe un four sur une remorque et part à la rencontre des habitants. Une petite révolution à l’époque : au lieu de se rendre à la pizzeria, ce sont désormais les pizzas qui arrivent directement dans les quartiers.
Le contexte explique en grande partie ce succès. À cette époque, peu de commerces sont ouverts le dimanche, l’offre à emporter est inexistante et les moyens de commande restent limités. Sans véritable étude de marché préalable, Jean Méritan répond pourtant parfaitement aux attentes des habitants. Ses camions apportent une solution simple et pratique, notamment le week-end, et séduisent rapidement une clientèle fidèle.
Jusqu’à 225 camions à Marseille
Le phénomène prend alors une ampleur considérable. Les initiatives se multiplient et, en quelques années, la ville voit circuler jusqu’à 225 camions. Face à cette expansion rapide et désorganisée, la profession décide de se structurer. En 1973, un syndicat est créé à Marseille afin de mettre de l’ordre dans l’activité, avant de s’élargir à l’échelle régionale puis nationale.
Aujourd’hui, le modèle s’est stabilisé. Environ 56 camions tournent sur une centaine d’emplacements à travers la ville, dans un cadre réglementé. Ainsi chaque soir, le pizzaiol’ du coin est différent, permettant une concurrence stimulante entre les artisans et une offre intéressante pour les consommateurs.