Héritier du KGB soviétique, le Service fédéral de sécurité (FSB) est un service de renseignement russe chargé de la sécurité intérieure et du contre-espionnage. Il a également pour mission d’effectuer de la surveillance électronique à l’étranger et a le droit d’intervenir dans les anciennes républiques soviétiques. Or, cet organisme s’apprête à devenir encore plus puissant puisqu’il bénéficie désormais d’un accès étendu aux réseaux de télécommunications, aux communications financières et même aux informations sur les contacts internationaux des scientifiques, suite à une série de modifications législatives.
À compter du 1er avril 2026, le FSB va étendre ses vastes pouvoirs de surveillance afin de renforcer l’emprise de l’État sur le pays et de réprimer tout risque d’opposition envers le président Vladimir Poutine. « Chaque modèle politique a sa propre classe bénéficiaire. Et en Russie, cette classe bénéficiaire, c’est l’appareil sécuritaire », a déclaré Ekaterina Schulmann, politologue au Centre Carnegie Russie Eurasie à Berlin au média Bloomberg, avant de poursuivre : « le système est essentiellement conçu pour le confort des forces de sécurité ».
En Russie, le FSB voit à nouveau son influence renforcée
Cette nouvelle loi, qui autorise le FSB à obtenir des copies des bases de données de n’importe quelle organisation sans mandat judiciaire, illustre la volonté des autorités russes de renforcer leur emprise sur tous les aspects de la vie économique et sociale, notamment depuis le début de la guerre entre la Russie et l’Ukraine en 2022. Pour justifier cette surveillance accrue, le Kremlin invoque des raisons de sécurité nationale, face à l’émergence de nouvelles menaces étrangères.
En conséquence de cette décision du gouvernement, les entreprises et banques internationales qui opèrent encore en Russie vont devoir s’assurer que leurs systèmes informatiques leur permettent de transmettre des données sur demande. De leur côté, les établissements de crédit étrangers misent sur la conformité avec les normes internationales de protection de la vie privée.
Les droits du FSB avaient déjà été étendus
L’année dernière, le FSB avait déjà demandé aux grandes banques d’installer des systèmes de surveillance d’ici 2027, afin qu’il puisse contrôler des messages et autres contenus des applications bancaires. De même, en février 2026, Vladimir Poutine a promulgué une loi distincte autorisant le FSB à suspendre les communications mobiles, fixes et internet sous certaines conditions.
« La nouvelle loi crée un mécanisme parallèle extrajudiciaire, ce qui, bien sûr, accroît le risque de fuites et d’utilisation abusive de ces nouvelles capacités « , a indiqué Alexander Khurudzhi, membre du parti pro-entreprises Novye Lyudi. Il a ensuite expliqué que même si la loi stipule que les copies de bases de données faites par le FSB doivent également être détruites une fois l’objectif de leur obtention atteint, « il n’existe aucun mécanisme de contrôle pour garantir la suppression des documents ».