La Chambre régionale des comptes d’Auvergne-Rhône-Alpes a jugé infondé l’arrêt, en 2025, de cette subvention de 10 millions d’euros par la Région, que le chef de file des députés LR Laurent Wauquiez.

La Chambre régionale des comptes d’Auvergne-Rhône-Alpes a jugé infondé, sur le plan administratif, l’arrêt en 2025 d’une subvention de la Région à l’université Lyon-2, que le chef de file des députés LR Laurent Wauquiez avait annoncé en accusant l’établissement de «dérive islamo-gauchiste». Laurent Wauquiez, devenu «conseiller spécial» de Fabrice Pannekoucke qui lui avait succédé à la tête de la région AuRA, avait notamment affirmé que l’université abritait des repas pour la rupture du jeûne du ramadan ou des «prières» musulmanes.

Le 19 mai 2025 sur la chaîne CNews, il avait donc annoncé que Fabrice Pannekoucke et lui avaient décidé «de supprimer toutes les aides à cette université tant qu’une mission d’inspection», qu’il réclamait au ministère de l’Enseignement supérieur, n’était pas diligentée pour «faire la lumière (…) sur l’ampleur de la dérive islamo-gauchiste» de Lyon-2 selon lui.


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«Le président du conseil régional ne peut refuser discrétionnairement ou pour un motif étranger à ceux figurant dans les actes attributifs le versement des acomptes sollicités»« par l’université pour le financement de la construction d’un bâtiment, écrit la CRC dans un avis dont l’AFP a obtenu une copie vendredi.

Un «désaveu pour Laurent Wauquiez», «une défaite cuisante», a estimé pour sa part le groupe d’opposition socialiste, écologiste et démocrate à la Région : la CRC confirme que Laurent Wauquiez et Fabrice Pannekoucke «ne peuvent se soustraire à leurs propres engagements financiers au nom de motifs démagogiques». «La Région a bien pris connaissance de l’avis de la CRC publié ce jour, et rappelle qu’elle a demandé à de nombreuses reprises la tenue d’un audit externe sur Lyon-2, qui n’a toujours pas été lancé à ce jour», a commenté la collectivité sollicitée par l’AFP.

Un crédit de 10 millions d’euros non inscrit

La CRC avait été saisie pour avis par la préfète de la région Fabienne Buccio le 19 janvier «au motif qu’une dépense obligatoire n’a pas été inscrite au budget de la région» pour cet acompte de plus de 9,9 millions sur une subvention votée par l’assemblée régionale en plusieurs étapes depuis 2019. «La contestation (de cette dépense) de la région ne présente pas de caractère sérieux», estime encore la CRC pour qui «la créance (…) dont se prévaut l’université présente un caractère obligatoire».

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L’Université Lumière Lyon-2 est aussi dans la tourmente depuis l’intrusion, le 1er avril 2025, d’un groupe de personnes encagoulées lors d’un cours de Fabrice Balanche, spécialiste de l’Irak et de la Syrie. Vivement pris à partie par des militants le taxant de «raciste» et «sioniste», il avait quitté la salle. L’incident avait suscité une condamnation unanime et le parquet, saisi par l’université, avait ouvert une enquête pour «entrave à l’exercice de la fonction d’enseignant».