Cinq ans après son arrivée sur Mars, Perseverance n’a pas fini de nous surprendre. Le rover de la Nasa arpente le cratère Jezero depuis 2021 et prélève, ça et là, quelques échantillons de roches susceptibles de nous renseigner sur l’histoire géologique et climatique de la planète, mais aussi dans l’espoir d’y trouver des traces de vie ancienne.
Dans une étude parue dans la revue Nature Communications, une équipe de scientifiques s’intéresse tout particulièrement à une roche découverte en 2024.

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Plus précisément, il s’agit de ce qui semble être un ancien lit de rivière, là où de l’eau liquide devait circuler il y a quelques milliards d’années, lorsque ladite Planète rouge était plus tempérée, avec une atmosphère et un climat peut-être comparable à celui de la Terre.
Du nickel… mais quel rapport avec la vie ?
Dans ce lit, les scientifiques n’ont pas trouvé d’anciens microbes ou des fossiles, mais du nickel. À première vue, aucun lien avec une trace de vie, puisque le nickel est connu sur Terre comme étant un métal. On le trouve rarement à l’état naturel dans des minéraux issus des milieux miniers.

Du nickel a été détecté dans le sol martien, dans des roches qui auraient été autrefois humides. © Nasa
En revanche, il peut jouer un rôle important dans certains mécanismes propres aux microbes, ce qui le rend intéressant ici. Par exemple, certaines bactéries s’en servent comme mode de fixation du carbone, à travers un mécanisme connu sous le nom de voie de Wood-Ljungdahl. Les micro-organismes utilisent alors le nickel comme catalyseur pour créer du carbone à partir de l’hydrogène.
Pour ces bactéries, le nickel est vital. Les auteurs expliquent dans une interview accordée au site Phys : « L’élément chimique Nickel est tellement important pour le métabolisme de ces organismes, que sa diminution dans les océans terrestres durant l’Archéen (il y a environ 4 milliards d’années) aurait pu causer un effondrement du méthane atmosphérique, juste avant la Grande Oxydation. »
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Le nickel est donc essentiel à la vie de certains micro-organismes. Mais qu’est-ce qui prouve que celui qui a été retrouvé par Perseverance est bien issu d’un processus impliquant des bactéries semblables à celles que l’on trouve sur Terre ?
Encore des possibilités à éliminer
D’après les auteurs, il est très étonnant de trouver de telles quantités de cet élément chimique à la surface, alors qu’il s’agit plutôt d’une substance propre aux sous-sols. Ce qui voudrait dire qu’il aurait pu être déposé là par ces organismes. Ainsi, les scans de Perseverance ont identifié du nickel sur plusieurs roches alentour, parfois avec des concentrations record sur Mars.

Un autre rocher identifié par Perseverance comme une possible biosignature. © Nasa, JPL-Caltech, MSSS
Mais pour savoir s’il s’agit bien de l’œuvre de microbes disparus, il faudra éliminer encore quelques possibilités. Ce nickel a très bien pu être déposé ici par des météorites, souvent riches en minéraux et en métaux de différentes sortes. Il pourrait aussi s’agir de traces laissées par une ancienne activité volcanique, qui aurait conduit les produits du sous-sol martien jusqu’à la surface.

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Les auteurs espèrent ainsi que des analyses plus précises pourront être menées afin de lever le voile sur ces interrogations. En gardant à l’esprit que cela aurait sans doute été possible si la mission Mars Sample Return, qui prévoit de ramener des échantillons martiens sur Terre, n’avait pas été annulée.

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