Jusqu’au 9 mai 2026, La chambre claire de Douarnenez (Finistère) accueille les photographies de Sandrine Rousseau, dans une exposition très personnelle intitulée « Passages », sur une lignée de femmes, celles de sa famille. Dans les séries qui composent Passages, Sandrine Rousseau transporte le spectateur dans les méandres d’une mémoire générationnelle. De la restitution du récit familial, des senteurs saisies au cours de ses séjours marocains, des sensations qui précèdent le déclenchement, relatent Alain Eudot et Martine Chapin, qui dirigent la galerie.
Les images de Sandrine Rousseau, souvent abstraites et picturales se distinguent par leur graphisme, leur épure, composées de détails des lieux, faisant dialoguer formes, textures et couleurs.
Sous l’angle technique, l’aspect très plan, ce rendu passé et doux sont liés à cette technique de la double exposition à la prise de vue, explique-t-elle. Cela crée des transparences, sans contrastes, plus fades. C’est aussi lié au papier japonais, aux irrégularités naturelles. C’est au tirage que j’ajoute du contraste.
Pour Alain Eudot, c’est quelque chose de rare. Il n’y a pas de recadrage. La composition se fait dans l’appareil, séquentiellement sur la même photo, ce qui génère cette texture, à l’instar d’une peinture. Originellement, montée à Fès, cette exposition se composait de onze séries de neuf photographies.
Récits personnels
Sous l’angle sensible, les photos semblent traversées par le thème récurrent de l’appartenance à cette lignée de femmes. C’est un hommage à ma grand-mère, à ma mère, ma motivation est de m’identifier, de faire partie de cette lignée de femmes et de transmettre à mes filles ce patrimoine, à travers les récits qu’elle m’en a fait. C’est le point de rencontre entre mon imaginaire et l’esprit réel des lieux, confie Sandrine Rousseau.
La photographe incarne ainsi les récits de sa grand-mère sur la ville de Fès et sur la médina, en particulier. Cette restitution va parler aux gens, cela va réveiller des réminiscences de leur propre histoire, ajoute Alain Eudot. La double exposition crée un espace onirique, où flottent les souvenirs. C’est ma patte, un univers très intérieur, une expression visuelle à la fois très structurée et chaotique. À côté de ça, une exposition sur une communauté de femmes, qui documentera leur mode de vie, est en cours de préparation au festival Itinérances Foto à Sète, conclut la photographe.
Jusqu’au 9 mai. La chambre claire Galerie, 3, rue Voltaire, à Douarnenez