Elle arrive « en tête de liste » : la ligne Strasbourg-Bâle est « un gros sujet ». 25 000 voyageurs par jour, pour « la vitrine du TER Alsace », comme l’explique le président Manrique. « Plus de la moitié des usagers sont des occasionnels », et payent le plein tarif, ce qui permet à la ligne de ne pas être déficitaire. « La seule », d’après le président de l’AUT. « C’est un axe très utilisé, avec aussi le TGV, le fret. C’est une ligne structurante. » Néanmoins, le fleuron commence à moins briller. « Il y a eu le sujet matériel en 2023, les locomotives tombaient souvent en panne. Il a fallu un an pour fiabiliser. »

Désormais, il ne note que « quelques pannes disparates » sur les locomotives. Les pannes se concentrent sur « l’infrastructure, la signalisation, les aiguillages… Le réseau commence à avoir du mal à tout absorber. » Ce dernier fonctionne à flux tendu. « On rajoute toujours des trains, mais la structure doit évoluer, notamment entre Sélestat et Strasbourg, ou au niveau du nœud de Lutterbach. Et ce sera pareil entre Mulhouse et Bâle d’ici 2029, avec l’arrivée du RER bâlois jusqu’à Mulhouse  ». Avec 700 à 800 personnes dans les trains en heures de pointe, « c’est quelque chose qu’on a à la loupe ». D’ailleurs, les trains d’hyperpointe (permettant de soulager les trains bondés en heures de pointe) sont un autre sujet pour lequel milite l’association, qui se satisfait de la « petite victoire » pour le retour de celui qui part à 17 h 33 de Strasbourg.

Questions sur la vétusté du matériel

Pour être au fait de l’actualité ferroviaire, hormis les retours d’usagers, l’AUT suit les données, extraites des données ouvertes de la SNCF avec un logiciel. 100 trains par semaine sont analysés (sur les 180 à 200 hebdomadaires). Entre « 5 et 10 % » des causes de retards et annulations sont externes. « Ce qu’on remarque, c’est que plus de 50 % sont dues aux infrastructures », qui dépendent de SNCF Réseau. Pannes électriques, saturation des voies en gares, etc. « Voir trop de régulation nous inquiète, il faut une infrastructure qui tienne le choc. » Si le mois de janvier a été « catastrophique », que celui de février a été « pas terrible », pour le mois de mars, « ça va ». Le président note tout de même qu’« il est rare d’avoir plus de 5 % de suppression dans la semaine. »

Pour revenir au matériel, la question de la vétusté se pose à nouveau. « Il y a une réalité économique mais la demande est là. » Les trains Corail des années 70, encore « maintenus » et les locomotives datant des années 80, dont « la fin de vie est estimée à 2030 », questionnent. « La Région a prévu un remplacement, mais comment ? On attend de voir. » L’arrivée du RER bâlois pose question. Les trains suisses circulant sous 15 000 Volts, les trains français sous 25 000. « C’est pour ça les deux gares à Bâle. Après Saint-Louis, la locomotive ne peut pas aller en Suisse. Ces derniers utilisent des rames interopérables. C’est un point de vigilance. » Un de plus, pour le bien-être de milliers d’usagers quotidiens.