« Ici, bientôt, un nouvel immeuble de Foncière Logement ! » En 2019, un panneau, toujours visible dans l’historique de Google Street View, annonçait la construction d’une résidence, en plein cœur du quartier de l’Ariane, en face de la mairie annexe.
La promesse était belle : 45 nouveaux appartements, répartis sur trois bâtiments reliés entre eux par des passerelles, un jardin paysager.
Un programme ancré dans le projet de rénovation urbaine de l’Ariane. Sept ans après, la résidence est bien construite, prête à l’usage… mais reste vide, dépourvue d’habitants.
« On a juste utilisé un terrain pour rien »
Aucune annonce de location d’appartements n’a été mise en ligne sur les plateformes de locations de logements.
De quoi désoler les habitants de l’Ariane, croisés à l’arrêt de bus juste devant l’immeuble : « On avait un peu d’espoir quand il y avait la construction, si ça pouvait permettre à certaines familles d’être moins entassées. Mais là il n’y a rien, on a juste utilisé un terrain pour rien », s’indigne un habitant souhaitant préserver son anonymat.
Youssef, 32 ans, partage son avis : « ça fait des années que je passe devant cet immeuble. Il est beau, il est neuf, mais c’est insupportable à voir. Vous imaginez l’argent qu’on a perdu en faisant ça et qui aurait pu être utilisé ailleurs ? »
« On pourrait créer des logements étudiants, ou dédier l’immeuble aux personnes qui en ont réellement besoin, soupire Marina, 18 ans. C’est bête d’avoir construit quelque chose qui n’est pas utilisé. »
Un défaut d’étanchéité
Si l’immeuble n’a jamais été exploité, c’est à cause d’un défaut, révélé après sa construction, qui a débouché sur une bataille judiciaire.
Le bailleur social Foncière Logement, chargé de l’exploitation de la résidence, dit être « victime » du contentieux qui oppose le promoteur AMETIS, chargé de la construction des bâtiments et ses sous-traitants.
AMETIS a engagé des procédures judiciaires à l’encontre de ces entreprises, après la révélation d’une étanchéité trop faible des bâtiments, qui les met en péril.
Les procédures sont toujours en cours et empêchent la livraison complète de la résidence, le chantier étant sous la responsabilité d’AMETIS.
Tant que la justice n’aura pas tranché le litige, les logements resteront vides.
De quoi donner aux habitants de l’Ariane, le sentiment d’un immense gâchis administratif.