Dès la première minute de la seconde mi-temps, la saison du Real Madrid était terminée. À sept points de Barcelone en Liga et menés 0-2 face au Bayern de Munich en Ligue des champions, on ne pouvait guère espérer grand-chose d’une équipe qui a traversé toutes sortes de crises cette saison.
Mais le Bernabéu s’est soulevé contre les Allemands qui occupaient 4 000 places dans le stade et encourageaient avec trop d’enthousiasme. Du bruit et de la fureur après le 0-2 de Kane, qui a poussé un ballon que Trent avait servi sur un plateau à Mbappé et que le Français n’a pas réussi à bien conclure. Finalement, le but qui peut donner un peu d’oxygène au Real Madrid pour le match retour a été validé grâce à la technologie et à la montre que l’arbitre porte à l’un de ses poignets.
Tout ce qui s’est passé ensuite, c’était cette folie qu’est le Bernabéu lors des grands jours. Une folie qu’Aleksander Čeferin, président de l’UEFA, n’avait pas vue depuis longtemps, lui qui s’asseyait à nouveau aux côtés de Florentino Pérez à Madrid après avoir fait la paix avec le club qui a le plus contribué à la Ligue des champions. Le toit était fermé, malgré les plaintes préalables du Bayern, et l’acoustique invitait à marquer le 2-2. Le problème, c’est que la poudre de Mbappé et de Vinicius est mouillée et que le ballon refuse d’entrer. Le Brésilien a eu un face-à-face avec Neuer qu’il a envoyé dans le petit filet ; le Français, plusieurs ballons que le gardien allemand a arrêtés tant bien que mal avec de beaux plongeons (à 40 ans) pour s’imposer comme MVP du match.

Vinicius Junior, du Real Madrid, en action aux côtés de Jonathan Tah et Dayot Upamecano, du Bayern de Munich – REUTERS/ GONZALO FUENTES
Cet échange de coups aurait pu bien se terminer pour le Real Madrid, mais cette fois-ci, il n’y a pas eu cette petite dose de chance du champion, de l’équipe qui a l’élan de la victoire et pour laquelle tout ce qu’elle fait bien lui réussit très bien, et ce qu’elle fait mal, lui réussit quand même. Pitarch s’était illustré face à City, mais contre le Bayern, il a semblé nerveux, commettant une nouvelle erreur dans la petite surface où Lunin a repoussé Gnabry à bout portant avec son bras tandis que le stade retenait son souffle.

L’entraîneur du Real Madrid, Álvaro Arbeloa – REUTERS/ GONZALO FUENTES
Le milieu de terrain comptait sur Tchouaméni (qui ne jouera pas le match retour après un carton jaune contestable), Güler et Valverde, mais il a gagné en puissance avec l’entrée de Bellingham, qui a décidé de revenir sur le terrain après sa blessure, avec l’envie de courir avec le ballon et d’apporter de l’oxygène à ses coéquipiers dans une zone où les Blancs manquent de repères.

Joshua Kimmich, du Bayern de Munich, célèbre après le match – REUTERS/ANA BELTRAN
Rüdiger a déclaré à la fin du match que les deux buts étaient deux cadeaux. Et c’est bien ce qui s’est passé : Trent a montré qu’il savait défendre, mais Luis Díaz s’est montré plus malin sur un ballon en profondeur et lui a pris le dos pour marquer le premier but juste avant la mi-temps. Le deuxième but est survenu suite à une passe risquée de Vinicius vers Carreras, que le Galicien a mal contrôlée, ce qui a donné lieu à une contre-attaque assez mesurée des Allemands face à une défense qui a tout facilité à Kane pour envoyer le ballon hors de portée de Lunin, même si qui sait si les mains de Courtois ne l’auraient pas repoussé en corner. D’ailleurs, Carreras sort assez amoché de ce match après le tacle d’Olise et Mendy pourrait occuper le flanc lors du match retour.

Luis Díaz, du Bayern de Munich, célèbre son premier but – REUTERS/ GONZALO FUENTES
Le Bernabéu n’était pas celui de la Ligue des champions. Ce n’était pas celui des supporters étrangers qui regardent le match sur l’écran de leur portable tout en prenant des centaines de photos. Il y a eu des sifflets à l’encontre de Vinicius et de Mbappé, ce qui est rare. Les deux attaquants qui devaient démolir les tours allemandes ont trop raté leurs occasions, se sont fait piéger par des hors-jeu puérils et ont délivré des passes sans qualité et sans intention. Les supporters blancs ne pardonnent pas cela, eux qui veulent que l’adversaire souffre sans pitié.

Les supporters du Bayern de Munich font la fête dans les tribunes après le match – REUTERS/ GONZALO FUENTES
Tout se jouera au match retour. La Liga étant déjà jouée, Arbeloa peut faire ce qu’il veut face à Gérone, car toute la saison repose désormais sur les 90 minutes qui se dérouleront à l’Allianz Arena dans huit jours. C’est un autre enfer où le Bayern étouffe quiconque se met en travers de son chemin, mais le problème, c’est que ce sera le Real Madrid qui se dressera devant lui, et cela impose le respect.