« Un profond soulagement ». De la maire de Nantes, Johanna Rolland au président Macron, l’ensemble de la classe politique se réjouit du retour en France ce mercredi 8 avril 2026 de Cécile Kohler et du Nantais Jacques Paris, emprisonnés en Iran depuis mai 2022 pour espionnage. Ces enseignants, « otages d’Etat », ont été libérés en novembre avec interdiction de sortir du pays. Ils ont finalement quitté Téhéran, ce mardi, dans le plus grand secret avec l’aide d’Oman qui a servi de médiateur.
« Nous ne sommes pas brisés »
Dans la cour de l’Elysée, Jacques Paris, 72 ans, a tenu à remercier « les services de l’Etat » qui les ont sortis de l’enfer : « Dans la prison d’Evin, nous étions enfermés pendant trois ans et demi au centre d’interrogatoire où vous n’avez aucun droit. Nous n’avons pas eu le droit de choisir nos défenseurs, nous n’avions des contacts avec notre famille que de manière épisodique et extrêmement brève. Nous étions sous menace permanente, nous n’avions pas le droit de lire, d’écrire. Dès que nous sortions de notre cellule, nous avions les yeux bandés. L’un des objectifs, sans doute, était de nous briser. Nous ne sommes pas brisés. C’est un nouveau départ. Nous allons témoigner, profiter de la vie, renouer avec tous nos proches et aller de l’avant. Vive la vie !«
A Nantes, au lycée Clémenceau où Jacques Paris a fini sa carrière de professeur de mathématiques il y a une dizaine d’années, les enseignants ont enfin pu regarder les portraits du couple avec le sourire ce mercredi. « Ils sont toujours dans la salle des profs, mais maintenant en dessous, nous avons ajouté « Libérés’« , confie une professeur d’espagnol, « soulagée », même si elle n’a pas connu Jacques Paris. « Les collègues de maths en ont beaucoup parlé, bien sûr. Il y a eu aussi des mobilisations, des manifestations. On espère que leur réinstallation en France se passera bien ».
A l’inverse, la grande majorité des élèves croisés n’étaient pas au courant de la situation de l’enseignant à la retraite. Certains évoquent la présence « d’affiche dans une salle », d’autres, une annonce de leur professeur de mathématique ce mercredi matin.
Marie-Brigitte Huet, porte-parole du comité de soutien de Jacques Paris, a fait part de sa « grande joie » après trois ans de mobilisation.