Par

Isabelle Villy

Publié le

8 avr. 2026 à 17h18

C’est un coup de massue qui leur est tombé sur la tête ! Le 20 mars dernier, Céline et Jimmy, les boulangers de Préaux ont dû baisser le rideau de leur boutique, dès le samedi 21 mars, sur décision des services de l’État. Un coup dur pour les commerçants qui ont racheté la boulangerie du village il y a un peu plus de quatre ans.

Mais pas question pour autant de se laisser abattre : Céline et Jimmy, une fois la mauvaise nouvelle encaissée, se sont aussitôt retroussé les manches, pour pouvoir rouvrir la boulangerie le plus vite possible.

« Fermeture exceptionnelle pour cause de travaux » 

Sur la porte du magasin, un petit mot laconique informe : « Fermeture exceptionnelle, cause travaux ». À quelques jours de Pâques, à une période où les boulangers-pâtissiers vendent les traditionnels chocolats, l’information peut surprendre.

Préaux boulangerie
Une information laconique affichée sur la porte de la boutique.  ©Isabelle VILLY

Très vite, les habitants se sont posé des questions, sont allés sur les réseaux sociaux pour tenter d’en savoir plus… et c’est là qu’ils ont appris cette « fermeture administrative », imposée par les services de l’État.

La Rédaction de son côté, a contacté la préfecture pour connaître les motifs de cette décision et les services de l’État nous ainsi expliqué que « le service sécurité sanitaire des aliments de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) a mené des contrôles dans la boulangerie de Préaux. Les constats effectués ont conduit les services de l’État à fermer cet établissement, en raison de manquements aux bonnes pratiques d’hygiène ». Quelques lignes aux conséquences brutales pour Céline et Jimmy.

Des locaux vétustes

« On avait commencé à faire des travaux quand on est arrivés. C’était vétuste, c’est vrai », constatent Céline et Jimmy, qui exploitaient en même temps, à l’époque, la boulangerie de Servaville-Salmonville. Mais deux fonds de commerce en même temps, ce n’était pas tenable et finalement, ils ont fait le choix de conserver uniquement Préaux.

Et ils ont tout mis dans leur activité : leur temps, leurs efforts et évidemment leur argent. Alors évidemment, cette fermeture administrative qui leur est « tombée dessus », est compliquée. « Depuis quinze ans qu’on est installés à notre compte, on en a eu des périodes difficiles », confient Céline et Jimmy. Des épreuves qui ont d’ailleurs certainement contribué à leur forger un caractère d’acier, qui les amène à ne pas se morfondre. C’est ainsi que dès la fermeture, samedi 21 mars, le couple a commencé les travaux sans attendre.

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Plus de 20 000 euros de travaux

Les services de l’État l’ont d’ailleurs souligné : « la réouverture est conditionnée à la mise en conformité de l’établissement (rangement, réalisation de travaux, d’opérations de maintenance des locaux et équipements, opérations de nettoyage et de désinfection, renforcement de la lutte contre les rongeurs) ». Et comme Céline et Jimmy comptent bien rouvrir leur boutique très bientôt, ils ont déjà entamé une série de travaux dans la boutique, à savoir du carrelage, l’isolation, la pose d’un faux plafond, et même, l’électricité : « cela ne nous était pas demandé mais autant le faire en même temps ».

Au bas mot, la facture va s’élever à près de 25 000 euros. Mais quoi qu’il arrive, Céline et Jimmy sont déterminés à faire face ! En attendant, Jimmy a troqué son habit de boulanger contre celui de bricoleur, même s’il le concède, ce n’est pas vraiment ce qu’il aime le plus faire. Mais en l’occurrence, il n’a pas le choix. « On doit continuer à payer les salaires, comme si la boulangerie fonctionnait », prévient en effet Céline, qui précise que la boulangerie emploie un pâtissier et des apprentis. Il y a donc urgence à rouvrir rapidement la boutique.

Il faut regarder le côté humain. C’est une famille qui a tout mis sur la table pour investir dans ce commerce.

Anthony Aguado

Le maire de Préaux, Anthony Aguado, dès l’annonce de la fermeture, est allé rencontrer Céline et Jimmy pour les assurer du soutien de la commune et il a pu constater que les deux commerçants étaient très bien aidés par leurs proches. « Céline et Jimmy sont très discrets. Ils ne font pas de bruit. Au-delà du commerce, il faut aussi regarder le côté humain : c’est une famille qui a tout mis sur la table pour investir dans ce commerce », constate le maire de Préaux, agréablement surpris de constater que, sur les réseaux sociaux, les commentaires et réactions après cet événement, ont tous été pleins d’empathie pour Céline et Jimmy.

Réouverture dans les prochains jours ?

Et le maire s’est rendu compte à quel point une boulangerie était un commerce essentiel dans un village, d’autant plus convaincu de la nécessité, pour une commune, de protéger les artisans et entreprises qui font partie du tissu local.

Certaines personnes ont même demandé si une cagnotte avait été lancée pour aider les deux commerçants : mais ces deux derniers n’ont aujourd’hui besoin que d’une chose, que les clients reviennent aussi nombreux dès qu’ils auront rouvert leur boutique.

Ce qu’ils espèrent pouvoir faire très bientôt, d’ici à quelques jours…

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