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Des cheminots en grève se sont rassemblés devant la gare de Grenoble, mardi 7 avril.

Entre 40 et 50 % des conducteurs de train étaient en grève, ce mardi 7 avril, en gare de Grenoble, à l’appel de l’intersyndicale (CGT, CFDT, SUD Rail, UNSA). Les cheminots dénoncent la suppression, prévue le 1er juin, des visites avant expédition (VAE) réalisées par les agents d’escale à l’arrivée des trains, pour vérifier qu’aucun voyageur ou objet ne se trouve encore à bord. Deux emplois seraient menacés par cette mesure que la SNCF envisage de régionaliser par la suite. Et qui s’inscrit, selon les syndicats, dans le cadre de la future ouverture à la concurrence des TER dans le secteur de Grenoble et Chambéry.

Une soixan­taine de trains sup­pri­més — sur deux cents au total — au départ et à l’ar­ri­vée de Gre­noble, 40 à 50 % des conduc­teurs de train en grève… Le mou­ve­ment de grève lan­cé ce mar­di 7 avril, en gare de Gre­noble, par l’in­ter­syn­di­cale (CGT, CFDT, SUD Rail, UNSA), a « plu­tôt été une réus­site », estime Mar­tin Vidal, conduc­teur de train et secré­taire de la CGT che­mi­nots. La mobi­li­sa­tion pou­vait en effet sem­bler incer­taine, autour d’une reven­di­ca­tion n’ayant pas d’ef­fets directs sur les salaires, les retraites ou les condi­tions de tra­vail des che­mi­nots — même si cela les tou­che­ra in fine.

Ban­de­role « Touche pas à ma VAE » déployée par les gré­vistes sur le pont Nel­son-Man­de­la, à l’in­ten­tion des conduc­teurs de train arri­vant à Gre­noble.

Dans leur viseur, la sup­pres­sion pro­chaine, dans la capi­tale des Alpes, des visites avant expé­di­tion (VAE). « C’est un pro­ces­sus de sécu­ri­té mis en place quand les trains arrivent en gare et que les rames, garées dans les chan­tiers SNCF, sont visi­tées par les agents d’es­cale. Ils s’as­surent que tous les voya­geurs sont bien des­cen­dus, que per­sonne n’est blo­qué dans les toi­lettes, qu’il n’y a aucun objet aban­don­né ou colis sus­pect à bord », explique le syn­di­ca­liste.

La suppression du dispositif testée « site par site »

Chaque année, des dizaines de colis et de per­sonnes sont ain­si décou­verts grâce à la VAE. Un dis­po­si­tif que la SNCF entend pour­tant sup­pri­mer dès le 1er juin en gare de Gre­noble, avant d’é­tendre la mesure à la région. « La stra­té­gie de la SNCF, c’est de tes­ter site par site, pré­cise Mar­tin Vidal. Ensuite, ce sera Lyon Per­rache. Et avant, ça a déjà été appli­qué dans d’autres dépôts, comme Anne­masse. Mais là-bas, les agents d’es­cale ont conti­nué à faire la visite par pro­fes­sion­na­lisme. »

Entre 40 et 50 % des conduc­teurs de train étaient en grève à Gre­noble.

À Gre­noble, la direc­tion de la SNCF entend confier ce rôle de contrôle — lar­ge­ment vidé de son conte­nu — aux conduc­teurs de train. Les­quels devront sim­ple­ment effec­tuer « deux annonces » au micro afin d’in­for­mer les pas­sa­gers. Sans VAE, les che­mi­nots craignent de voir des voya­geurs ou des bagages res­ter à bord et se retrou­ver sur les chan­tiers SNCF, à 3 kilo­mètres de la gare. Sans comp­ter leur absence de for­ma­tion pour gérer, par exemple, des per­sonnes vio­lentes.

« Le but de la SNCF, c’est que l’ex­ploi­ta­tion des TER soit ren­table en vue de la pri­va­ti­sa­tion, pour atti­rer les groupes pri­vés. »

Si leurs mis­sions ne se limitent pas à la VAE, les trois postes d’a­gents d’es­cale à Gre­noble subi­raient les consé­quences d’une telle sup­pres­sion. Mar­tin Vidal craint ain­si de voir, à terme, « deux emplois qui sautent ». Après avoir un temps invo­qué de pré­su­més motifs d’ef­fi­ca­ci­té, « la direc­tion a fini par avouer que c’é­tait sur­tout pour des rai­sons finan­cières », confie-t-il d’ailleurs, décri­vant un maillon d’une chaîne plus glo­bale.

La CGT che­mi­nots pré­voit, comme les autres syn­di­cats, d’autres actions contre la sup­pres­sion de la VAE avant le mois de juin.

De fait, les syn­di­cats replacent cette déci­sion dans le cadre de l’ou­ver­ture à la concur­rence des TER, pro­gram­mée en 2032, pour le sec­teur de Gre­noble et Cham­bé­ry. « Le but de la SNCF, c’est que l’ex­ploi­ta­tion des TER soit ren­table en vue de la pri­va­ti­sa­tion, pour atti­rer les groupes pri­vés », dénonce le repré­sen­tant CGT.

Ce dogme des éco­no­mies tous azi­muts se heurte tou­te­fois à la résis­tance des che­mi­nots. À Gre­noble donc, mais éga­le­ment à la gare de Lyon Per­rache où une grève est pré­vue, ven­dre­di 10 avril, contre la sup­pres­sion d’une ving­taine de postes de contrô­leur. « Il n’y aura plus de contrô­leur obli­ga­toire entre Mâcon et Avi­gnon, déplore Mar­tin Vidal. C’est de plus en plus sou­vent le cas dans les TER : les gens n’au­ront per­sonne pour les ren­sei­gner. » Désor­mais, l’ob­jec­tif est clair pour les gré­vistes gre­no­blois : « On va essayer de régio­na­li­ser le conflit. » Avec de nou­velles actions en pré­vi­sion d’i­ci le 1er juin.