La coordination ambulancière des Hautes-Pyrénées carbure avec 16 000 missions annuelles et une carence réduite à moins de 10 %. Mais les professionnels de santé redoutent d’être écartés du futur dispositif d’urgence hospitalière et en ont avisé le préfet. Voilà tout ce qu’il faut savoir.
Pour les ambulanciers des Hautes-Pyrénées, il y a urgence à ne pas modifier un dispositif qui fonctionne sur le département. Surtout à l’heure où la crise du carburant met encore de l’essence sur le feu. C’est en substance le message que ces professionnels de santé sont allés relayer ce mercredi soir, auprès du préfet, à qui a été délégué l’ensemble de la coordination de l’urgence hospitalière. « Jusqu’ici cette coordination était partagée entre les ministères de l’Intérieur et de la santé, c’est-à-dire localement entre le préfet et l’ARS. Mais il y a toujours eu une guerre entre les SDIS et les Samus et nous, ambulancier, étions au milieu. Mais on n’accepte plus d’être la variable d’ajustement de l’urgence, tranche Emmanuel Victor, porte-parole des ambulanciers des Hautes-Pyrénées. Nous avons notre place dans le dispositif depuis l’agrément de 1973, comme participant à la garde ambulancière dans le domaine de l’urgence. »

En ce 8 avril, journée des ambulanciers, les professionnels des Hautes-Pyrénées ont alerté le préfet, sur la place qu’ils veulent jouer dans le dispositif d’urgence hospitalière.
Andy Barréjot
Mieux, depuis 2022, sur les Hautes-Pyrénées, les 24 entreprises du secteur des ambulances, soit plus de 600 emplois, se sont organisées pour faire face à la demande. « En lien avec tous les services d’urgence, et pour tenir compte de ce territoire particulier, à la fois hyperrural et montagnard, nous avons mis en place une garde sanitaire H24, pour répondre au plus grand nombre, poursuit Emmanuel Victor. Nous avons créé une coordination ambulancière avec trois personnes positionnées au Samu et qui, avec la géolocalisation de toute notre flotte, gère la réponse ambulancière pour être le plus efficace et rapide dès la mission affectée par le Samu. » « Ce n’est pas simple à optimiser, sur des territoires très larges, précise Hervé Jacomet. Nous, du Magnoac à Piau-Engaly, c’est presque 100 km et des temps de trajet très longs. »
Une baisse de la carence ambulancière
Un système qui a fait ses preuves puisqu’en trois ans, le nombre de missions accomplies est passé de 11 000 à 16 000. Aux 800 h de formation initiale assurées par chaque ambulancier se rajoutent trois jours de formation supplémentaire pour intégrer cette coordination. « Ça a permis de réduire la carence ambulancière, limitée à moins de 10 %, avec du personnel compétent au chevet de la population. Mais aujourd’hui, malgré cela, on ne sait plus quelle est notre place dans ce système, qu’on a pourtant mis en place et qui fonctionne. À côté, le gazole, ce n’est qu’une crise. Avec ce Beauvau de la sécurité civile, on craint une mise au placard des ambulanciers. On veut savoir quel est notre avenir dans ce dispositif d’urgence. » Et de réclamer un gel de cette réforme, une concertation nationale et une place des ambulanciers réaffirmée.