Un seul joueur a démarré toutes les rencontres de Ligue 1 dirigées par Claude Puel depuis son retour sur le banc du Gym : Morgan Sanson.

Nommé également capitaine quand Dante n’est pas dans le onze de départ, le milieu de terrain de 31 ans a reçu une belle ovation de La Meinau à sa sortie peu après l’heure de jeu, en mémoire de sa demi-saison 2022-2023 réussie en Alsace (1 but, 2 passes en 18 matchs).

Union sacrée dimanche dans les tribunes niçoises ?

Son année niçoise est plus poussive au niveau des stats (2 passes décisives en 26 apparitions) et de la régularité de ses performances, ce qui ne l’a pas empêché de lâcher sa colère au micro du diffuseur sur les erreurs de marquage de ses coéquipiers.

« Ce n’est pas la bonne solution », regrette Jean-Philippe Mattio en tant qu’ancien Aiglon aguerri aux rudes batailles pour la survie du club, même si certaines attitudes désinvoltes ont particulièrement agacé des cadres du vestiaire.

« Si on joue comme ça, on ne se maintiendra pas », a osé prévenir un Aiglon dès la mi-temps à Strasbourg, dans un vestiaire fracturé.

Diop, Jansson et Bah ont perdu des points à Strasbourg

Ultime épisode déconcertant d’une soirée cauchemardesque, Sofiane Diop, Isak Jansson et Juma Bah, tous remplacés à la mi-temps, ne sont jamais revenus des vestiaires pour assister à la seconde période de leur équipe.

Au grand désarroi d’un membre de la délégation azuréenne : « On ne pourra pas s’en sortir avec des joueurs qui ne pensent qu’à leur gueule. Maintenant, ça suffit ! »

« À moi de trouver la solution, de rameuter des joueurs qui ne subissent pas la situation pour avoir le caractère nécessaire dès dimanche contre Le Havre » s’est donné Claude Puel pour mission.

La victoire à Angers (2-0) est restée un acte isolé puisque le coach a changé les hommes et surtout le système tactique à Strasbourg, repassant à une défense à quatre et surtout à une charnière centrale Bah-Mendy inédite.

Un pari raté qui a contraint l’entraîneur à enclencher une vague de changements dès la pause pour la 7e fois en douze rencontres de Ligue 1 ! Pour aucune victoire au bout…

« Ça veut dire que les joueurs en qui le coach donne sa confiance ne lui rendent pas », note Patrice Alberganti, président de l’association des anciens Aiglons.

L’ex-attaquant du Gym des années 90 est aussi un fervent défenseur de Dante, entré seulement à la pause en Alsace.

« Dans une défense à cinq, il est indispensable. Parce que quand Dante n’est pas sur le terrain, les gars ne font pas les efforts. Ça me rappelle les Mattio, Crétier, qui te hurlaient dessus tout le match pour que tu fasses les efforts. Quand ils n’étaient pas là, inconsciemment ou pas, tu es plus dans ton confort et tu en fais un peu moins… »

« Responsabiliser les cadres » avait par exemple été un levier activé par Silvester Takac lors de sa mission maintien en D2 réussie en 1997-98, se souvient Alberganti.

« Il avait pris tous les joueurs un après l’autre dans son bureau et n’avait pas mis les quatorze meilleurs sur le terrain, mais ceux qui avaient envie de se battre pour sauver le club. »