Un salarié du supermarché Leclerc de Vandœuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle) s’était donné la mort par balle dans les rayons du magasin en janvier 2020. Dans une lettre retrouvée sur lui, le salarié de 35 ans dénonçait le harcèlement de son supérieur hiérarchique. « Je n’en peux plus », avait-il écrit, évoquant « tout le mal qu’il a fait (et pas qu’à moi) et qu’il fera encore ». Le manager en question a comparu mercredi 8 avril 2026 devant le tribunal correctionnel, rapporte L’Est Républicain .
Le mis en cause était notamment en conflit avec son subalterne au sujet des bières artisanales locales que l’employé souhaitait mettre en avant en rayon. Le responsable refusait et ce désaccord aurait créé de vives tensions. Les témoignages d’une douzaine d’autres salariés ont par ailleurs décrit le manager comme un « tyran », raconte le quotidien régional. À la barre du tribunal de Nancy (Meurthe-et-Moselle), le supérieur a nié tout harcèlement.
Le prévenu n’est pas d’accord
« Il n’a pas accepté que je lui dise non alors que personne ne disait rien », a-t-il affirmé au sujet du trentenaire décédé, expliquant avoir agi par volonté de rentabilité et de satisfaction des clients. Le responsable a qualifié les témoignages des employés d’exagérations, concédant néanmoins avoir pu arriver au magasin de « mauvaise humeur ». Trois ans de prison avec sursis ont été requis, accompagnés d’une interdiction d’exercer dans la grande distribution.
La société qui gère le supermarché était également jugée pour « mise en danger d’autrui », indique ici Lorraine . Il lui a été reproché de ne pas avoir agi après qu’un médecin du travail avait détecté des problèmes dès 2009. Le président de l’entreprise a répondu avoir mis en place des formations sur les risques psycho-sociaux. Un geste insuffisant pour le substitut du procureur, qui a requis l’amende maximale de 375 000 €. Le jugement sera rendu mercredi 3 juin 2026.