Par

Emilie Salabelle

Publié le

10 avr. 2026 à 7h02

Il y a un air de fin de vie dans les allées du Leroy Merlin de Rosa Parks, à Paris (19e). De grosses affiches au fond rouge annonçant des destockages péniblement attractifs, à côté de rayonnages souvent à moitié vide. En cette fin d’après-midi ensoleillée, mercredi 8 avril 2026, quelques clients arpentent les immenses plateaux en quête d’une bonne affaire. Beaucoup ont appris avec déception la fermeture prochaine de ce temple du bricolage et de l’ameublement.

« J’y vais tous les mois »

Un kit de cartons calés sur son diable, Jeanne regrette déjà ce mastodonte bien pratique. « C’est dommage, il va falloir aller chez la concurrence », souffle-t-elle. « Habituellement, je ne suis pas trop pour les très grandes surfaces, mais pour le bricolage c’est important. En particulier à Paris, où on a surtout des petites quincailleries, et où on a souvent des besoins spécifiques et très ponctuels. » Cette architecte de profession, combinaison en jean et long cheveux noirs, ajoute : « Les prix assez compétitifs et le large choix dans plein de domaines. Pas besoin de faire 1000 allers-retours : On y va une fois, et on achète tout ce dont on a besoin ».

Habitante du bloc sur lequel est implanté l’enseigne, Antonia est « grave déçue » de la future fermeture. Leroy Merlin, c’était son réflexe à la moindre bricole à arranger. « J’y vais à peu près tous les mois, j’ai même ma carte de fidélité, c’est bien le seul magasin ! », plante la jeune femme à la frange courte. « La bonne vis, la charnière qui va bien… il y a tout un tas de trucs qui m’ont permis de réparer plein de petites choses chez moi », liste la bricoleuse, qui apprécie le service offert par l’enseigne. « Il y a du conseil. Ils sont hyper aidants, et ils ne vont pas vous forcer à acheter n’importe quoi. »

Elle trouve les prix « assez chers » pour le quartier « où il n’y a que du bas de gamme, entre les fast-foods et Action. Leroy Merlin, c’était complémentaire. C’était le magasin un peu stylé qu’on avait. Sa disparition va faire descendre le niveau commercial du bloc », prédit la jeune femme.

« Je vais le regretter »

Pour les Parisiens sans voiture, comme Didier, habitant du 20e, Leroy Merlin offrait une diversité de choix à portée de transport en commun. Un magasin « grand comme ceux qu’on trouve en voiture, résume-t-il. Je vais le regretter. » Certains tentent de se consoler avec les grands destockages annoncés. Sans succès. « Ce n’est pas fou. Les articles soldés sont surtout sur de la déco. Je pense que les articles d’outillage vont être récupérés dans d’autres magasins », regrette Bastien.

Pour l’heure, la date de fermeture du magasin n’est pas encore connue. Elle devait intervenir à partir d’avril et se conclure avant la fin du second trimestre 2026.

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