Le salon Made in PME Sud rappelle que les entreprises sont le poumon du territoire. Porté par la CPME Sud, l’événement confirme, pour sa deuxième édition, son statut de grand rendez-vous économique régional. Dans les allées, près de 200 stands structurés dans des villages départementaux de la région. Des espaces de networking, des ateliers, des institutions comme l’Urssaf ou la CCI, et des entreprises venues avec un objectif clair. « C’est un salon concret, on signe des contrats, on accélère des projets », glisse Isabelle Campagnola-Savon, présidente de la commission entreprises, artisanat et commerce, économie sociale et solidaire et économie circulaire de la Région Sud, qui rappelle aussi l’ampleur du tissu économique avec 500 000 entreprises en région.

Sur scène, Alain Gargani, président de la CPME Sud, plante le décor sans détour. Dans un contexte qu’il juge « jamais aussi tourmenté », il insiste sur le rôle structurant des PME. « Vous portez l’économie et l’emploi, vous ne délocalisez pas », lance-t-il aux entrepreneurs, préférant parler de « résistance » plutôt que de résilience face aux crises successives.

Près de 5 000 entrepreneurs attendus dans la journée

Une idée reprise par Amir Reza-Tofighi, président national de la CPME, qui salue une « énergie entrepreneuriale intacte ». Malgré les chocs récents, les entreprises tiennent, assure-t-il, tout en appelant à mieux les défendre, notamment face à la hausse des coûts et à la concurrence. Dans les travées, ces discours trouvent un écho direct.

En effet, près de 5 000 entrepreneurs sont attendus. Parmi eux, Adrien Topall, fondateur de Web Etik, est venu avec un objectif simple, développer son réseau. « Avant, je fonctionnais surtout au bouche-à-oreille. Là, je veux me faire connaître », explique-t-il. Le jeune entrepreneur marseillais a déjà enchaîné les rendez-vous, notamment avec des acheteurs institutionnels. « J’ai eu des retours intéressants, des projets qui pourraient se concrétiser en 2027. » Ici, les cartes de visite circulent autant que les opportunités.

« Les JO 2030 doivent transformer les territoires »

Mais l’événement n’avait pas que pour but de renforcer son réseau. Des tables rondes ont été organisées, sur des thématiques diverses, pour penser la place de l’entreprise. La table ronde sur les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 lance la journée. Animée par Olivier Biscaye, les intervenants insistent sur le rôle clé des entreprises. « Les Jeux, ce sont d’abord elles qui les produisent », rappelle Pierre-Louis de Guillebon, directeur général Orange événements, évoquant l’exposition mondiale et les retombées économiques.

Pour Elie Patrigeon, directeur impact héritage durabilité COJOP 2030, l’enjeu est déjà chiffré. Près de 2,5 milliards d’euros de marchés sont en jeu, dont 50 % destinés aux TPE et PME. « Il faut se positionner dès maintenant », insiste-t-il, tout en évoquant des exigences fortes, notamment en matière environnementale. Les territoires entendent bien saisir cette opportunité. Alexis Rouque, directeur général de la banque des territoires, évoque des investissements structurants et un héritage durable à construire. « Les Jeux doivent transformer les territoires. »

Les sportifs présents prolongent cette vision. Yohan Peter, escrimeur handisport médaillé olympique, parle d’un territoire propulsé « au centre du monde », tandis que Timothy Loubineaud, patineur vitesse quatre fois champion d’Europe, insiste sur la nécessité d’infrastructures pérennes. Au fil de la journée, une dynamique s’installe. Entre prises de parole et échanges informels, Made in PME donne à voir un tissu économique qui ne se contente pas de subir. À Marseille, les entrepreneurs avancent, réseaux en main et perspectives en tête.