À 45 ans, il est effectivement connu pour être un « receleur ». Cette semaine, Frédéric Farade, originaire de Haute-Corse et présenté comme un proche du banditisme insulaire, a été présenté à la justice niçoise et placé en détention dans l’attente de son procès, avec cinq autres personnes, qui aura lieu le 3 juin, pour des infractions similaires.

Dans cette nouvelle affaire, qui sera jugée en comparution immédiate, Frédéric Farade est présenté comme « le receleur » du butin d’un vol aggravé, commis le 6 février dernier à Roquebrune-Cap-Martin. Dans une communication transmise à la presse locale, Damien Martinelli, procureur de Nice, revient sur les détails de cette enquête expresse.

« Un autre individu, né en 1980 à Bastia, apparaissait comme susceptible de jouer un rôle de receleur, fait pour lequel il était déjà connu »

« Début 2026, sur la base d’éléments réunis dans une procédure distincte, le pôle spécialisé du parquet de Nice ouvrait une enquête préliminaire du chef d’association de malfaiteurs en vue de commettre des faits de vol en bande organisée, précise-t-il. Les investigations confiées à la division de criminalité territoriale (DCT) du SIPJ 06, notamment via des techniques spéciales d’enquête, mettaient rapidement en évidence des comportements pouvant être analysés comme des repérages sur des potentielles cibles. Ces investigations faisaient apparaître que l’individu identifié initialement avait pu participer le 6 février 2026 à un vol aggravé dans un domicile situé à Roquebrune-Cap-Martin au cours duquel de la maroquinerie de luxe, une montre de marque et des valeurs en numéraire avaient été dérobées ».

Le chef du parquet niçois ajoute alors : « Un autre individu, né en 1980 à Bastia, était également identifié et apparaissait comme susceptible de jouer un rôle de receleur, fait pour lequel il était déjà connu ». Damien Martinelli fait également état d’un autre vol aggravé, le 4 avril dernier, de nouveau sur la commune de Roquebrune-Cap-Martin, au cours duquel, là encore, une montre de luxe avait été dérobée. La brigade de recherches et d’intervention (BRI) procédait à l’interpellation de six individus le 5 avril 2026. Dans le cadre des perquisitions, plusieurs objets de luxe précédemment dérobés étaient retrouvés. « Dans le cadre des auditions, certains gardaient le silence, d’autres contestaient leur implication tandis que l’un d’entre eux reconnaissait sa participation à un des faits de vol aggravé », ajoute le procureur niçois.

Déjà mis en examen en 2022 par la Jirs de Marseille

En 2022, Frédéric Farade avait été mis en examen pour des faits similaires par la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille, alors que le dossier avait initialement été ouvert par le parquet de Nice.

Dans cette précédente affaire donc, selon les policiers et sur plusieurs années, des « centaines de montres » dont la valeur pouvait varier de 10 000 à 400 000 euros, auraient été dérobées, parfois avec violence et séquestration, dans plusieurs métropoles européennes. En tout, 152 montres, 137 000 euros en liquide, trois véhicules et 3 kg de cocaïne ainsi que des certificats d’authenticité vierges et des pièces détachées aux numéros de série non visibles ont été trouvés, « dissimulés » en France et en Belgique lors des interpellations menées entre le 21 et le 23 juin. Dans ce dossier, Frédéric Farade, qui conteste les infractions, est suspecté d’avoir écoulé le butin à prix neuf et, pour cela, d’avoir fait appel à des horlogers et bijoutiers à Nice, Lyon, Paris, Andorre ou Anvers qui se seraient assurés de faire disparaître l’origine de ces montres de luxe numérotées et de les avoir reconditionnées dans un emballage, falsifiant ainsi leur « traçabilité ». Ce quadragénaire avait été remis en liberté trois mois après son incarcération, à la faveur d’un vice de procédure. L’enquête est toujours en cours.