Depuis 2023, Gaia Tech trace sa route à la croisée de la science et de la cosmétique. Cofondée en 2023 par Enrico Tenaglia avec Samuel Bühlmann et Claudio Reinhard, la société coche toutes les cases de l’élève modèle. En plus de ses nominations à différents concours, elle est issue d’un projet scientifique né à l’École polytechnique fédérale de Zurich et a été notamment financée par l’Union européenne. Passée au statut de spin-off labellisée, la jeune pousse partage désormais sa vie entre Berne (Suisse), où elle dispose de son pôle de production, et son antenne monégasque dédiée à la recherche et au développement. « Le projet est né en Suisse, mais nous avons décidé d’avoir cette antenne à Monaco pour gagner en visibilité dans le milieu de la cosmétique, qui est puissant en France », justifie Enrico Tenaglia.
Enrico Tenaglia, Gaia Tech.
Si le principe porté par Gaia Tech est simple sur le papier, il l’est beaucoup moins dans l’exécution. « Nous transformons les co-produits, c’est-à-dire les matières générées de manière inévitable lors d’un processus de fabrication, en ingrédients à haute valeur ajoutée pour l’industrie cosmétique et alimentaire », poursuit le spécialiste en science moléculaire. La première cible ? Les résidus de l’huile d’olive, d’origine italienne ou espagnole, riches en antioxydants. Gaia Tech a développé un procédé pour les récupérer, les concentrer et les transformer en extraits, le Phenoliva Active, dont l’efficacité a été testée pour des formulations cosmétiques. Déclinés en plusieurs solutions (Phenopoliva Active, ClenChar, BioBeads, Vita et Hope), les volumes vendus restent modestes (quelques dizaines de kilos) mais les premiers signaux sont jugés encourageants après une année de commercialisation. « Nos solutions sont vendues par des distributeurs, mais aussi en ligne sur notre site web », précise Enrico Tenaglia. Pour l’instant, l’essentiel des ventes se fait en Europe, avec quelques incursions à l’international, notamment en Inde, où la cosmétique européenne reste une référence.
Élargir le champ des possibles
Derrière cette montée en puissance, les trois associés souhaitent élargir le champ des matières premières et des applications. Après l’olive, Gaia Tech regarde du côté du vin ou encore de la protection solaire. « Nous avons développé un produit pilote que nous allons présenter la semaine prochaine au salon In Cosmetics Global à Paris, mi-avril ». L’entreprise, qui compte aujourd’hui une salariée en plus des trois fondateurs, finalise en parallèle une levée de fonds pour accélérer son développement, enrichir son portefeuille d’extraits et démontrer les propriétés de ses nouvelles molécules.