Une manifestation à la gloire de la pin-up. L’idée est-elle « has-been » et sexiste pour ce premier Festival vintage des pin-ups ?
Il aura lieu les 17, 18 et 19 avril au casino du palais de la Méditerranée, sur la Promenade des Anglais, avec élection, exposition artistique, vente d’accessoires et débauche de robes affriolantes, de fleurs dans les cheveux, de talons hauts, de minois maquillés façon Betty Boop.
Pour Jean-Pierre Speidel, le médiatique organisateur de cet événement qui prend forme, la réponse est non : « Est-on dans une société, où on ne peut plus rien faire ? Je ne pense pas. Ce sera très soft, pas vulgaire. Le vintage est très à la mode et il va bien avec les pin-ups. »
Retoqué par la précédente municipalité
Au départ, Jean-Pierre Speidel, déjà connu sur la Côte d’Azur pour le lancer de nains dans les boîtes de nuit, l’élection de Miss Dodue, une prodigieuse collection d’automates, des manèges pour enfants activés par les parents…. aime « les belles filles et faire rire les gens ».
Quant aux pin-ups des années 50, celles qu’on épinglait dans les cabines des camions ou aux murs, elles le font rêver.
La perspective d’une soirée pin-up devait se concrétiser sur une plage niçoise. Le décès brutal du responsable, en 2025, a mis fin au projet.
Jean-Pierre est revenu à la charge avant le dernier Carnaval en hommage aux femmes. L’ex-municipalité de Christian Estrosi a dit non.
Parce qu’on était en pleine campagne électorale, incompatible avec un nouvel événement.
Et, l’adjoint à l’Événementiel d’alors, Graig Monetti, n’appréciait pas vraiment l’image de la femme, que renvoyait la pin-up.
« Les pin-ups ne vont pas dans le sens de la ligne que l’on veut mettre en avant. Celle d’une femme progressiste, libre, aux droits individuels forts (…) Je ne suis pas convaincu qu’une élection de pin-ups soit la meilleure manière de mettre la femme à l’honneur en la ramenant à la dimension d’une femme objet », avait déclaré en janvier l’ancien adjoint de Christian Estrosi.
Quant à la nouvelle mandature Ciotti, elle n’a pas été sollicitée puisque le rendez-vous se déroule finalement dans un lieu privé.
Plus globalement, une jolie fille, au sex-appeal évident et peu vêtue, a-t-elle sa place dans la société d’aujourd’hui, très chatouilleuse dès qu’il s’agit de sexisme, de réflexions parfois mal placées, de regards convoiteurs ? Nous avons posé la question.
Qui a aussitôt suscité des réactions dans la salle. Celle, notamment, du chorégraphe et danseur niçois Serge Alzetta, participant au festival : « La femme continue de se faire voir et de s’exhiber et c’est très bien. »
Celle ensuite de l’artiste Justin Gage, américain installé à Cannes, qui a réinterprété la pin-up avec une robe vendue aux enchères lors du festival : « Les femmes qui veulent se montrer en pin-ups, ont le droit. N’oublions pas qu’à l’origine, avec la pin-up, c’était la première fois que la femme sortait de son foyer. »
Celle enfin d’Alexandra de Beaussier, artiste plasticienne à Châteauneuf-de-Grasse : « Cette manifestation, c’est aussi l’occasion pour les artistes de donner leur vision plus douce de la pin-up. »
Mado la Niçoise en marraine
Des artistes, il y en une quarantaine qui a sculpté, photographié, peint la pin-up 2026.
Rarement couverte comme une veuve sicilienne, mais libre.
Libre de s’exprimer à travers son corps, ses gestes, ses tenues, ses mimiques.
Une liberté qui a trouvé sa caution proclamée par Jean-Pierre Speidel : « Mado la Niçoise a accepté d’être la marraine du festival. »
(1) Festival vintage des pin-ups, du vendredi 17 au dimanche 19 avril au casino du palais de la Méditerranée.
Entrée libre. Soirée show élection, le samedi 18 avril, à 20h (15 euros l’entrée).
Vente aux enchères le dimanche 19 avril, à 15h. 06.20.66.86.50.