Attaquée en justice par l’association de Défense de la langue française pour non-respect de la loi Toubon, la réserve ornithologique du Teich va devoir modifier ses panneaux d’affichage pédagogiques.

Depuis 1989, la réserve ornithologique du Teich préserve et accueille les oiseaux migrateurs en concertation avec le parc naturel régional des Landes de Gascogne. Un écrin de verdure, ouvert 365 jours par an, mais qui se trouve aujourd’hui dans le viseur de la justice pour non-respect de la loi Toubon. Attaquée devant le tribunal administratif par l’association Défense de la langue française (DLF), la réserve ornithologique est mise en cause pour l’installation de panneaux pédagogiques traduits uniquement en anglais. «La loi prévoit du français seul ou au moins deux traductions étrangères. L’invasion des anglicismes menace la survie de notre langue , jusqu’au sein des institutions de l’Union européenne qui a fait de l’anglais sa langue officielle alors même que la Grande Bretagne n’en fait plus partie», dénonce Pierre Gusdorf, le secrétaire général adjoint de la DLF.

Avant de s’adresser aux juges, qui doivent rendre leur verdict d’ici trois semaines, le septuagénaire avait déposé un recours gracieux auprès de l’éco-lieu. «Généralement les organisations s’engagent à se mettre en conformité à la loi après un recours gracieux et nous nous arrêtons là. Mais la réserve ornithologique du Teich a traité note demande par un silencieux mépris, donc la suite s’imposait», explique-t-il.


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«Mal conseillée»

«Nous allons rajouter des panneaux, probablement en espagnol, car c’est le public étranger le plus fréquent après les anglophones», réplique Catherine Vignert, la directrice de la réserve ornithologique du Teich. La responsable, arrivée après l’installation de ce nouveau parcours pédagogique inauguré en 2023, assure que la réserve a été «mal conseillée» par le cabinet qui l’a réalisé. Autrement dit : «nous ignorions cette loi», précise-t-elle.

Une excuse loin de convenir à la DLF. «Nul n’est censé ignorer la loi, réplique Pierre Gusdorf, elle a été pensée ainsi pour préserver le français. L’invasion de l’anglais est une situation à laquelle certains peuvent se résoudre, mais qui ne nous convient pas». Le retraité, qui a obtenu un avis du rapporteur public en son sens, est quasiment sûr de gagner sa procédure judiciaire.