La maison orchestre une vacation où la fragilité du support défie l’éternité. Baptisée « Radical Genius », cette vente disperse une collection privée d’une rare cohérence, véritable anthologie du trait où le dessin n’est plus l’antichambre du chef-d’œuvre, mais son essence même. Ici, la main de l’artiste dialogue avec la matière. On y croise une Femme assise de Cézanne (3 500 000-5 500 000 euros), aquarelle diaphane ayant appartenu au mythique Paul Rosenberg, ou encore une Femme nue debout aux mains croisées de Picasso (1 200 000-1 800 000 euros) acquise jadis par Gertrude Stein.

Entre Figur im wind d’Alfred Kubin (450 000-650 000 euros) et la rigueur d’une Étude au fusain de Mondrian pour Broadway Boogie Woogie (3 000 000-5 000 000 euros), le spectre de la création se déploie avec une audace souveraine. Au cœur de cet ensemble, l’œuvre Nördlich-Winterlich (1923) de Paul Klee s’impose comme une méditation poétique. Issue de la collection de son épouse Lily, cette aquarelle révèle une géométrie sensible où le froid devient une lumière et où chaque carré de couleur semble vibrer d’une vie intérieure, entre rigueur germanique et abstraction lyrique.

L’œuvre Nördlich-Winterlich de Paul Klee.

L’œuvre Nördlich-Winterlich de Paul Klee. © CHRISTIES LTD 2026

> estimation entre 400 000 et 600 000 euros. 

À voir : Christie’s, à Paris, le 15 avril 2026

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