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Rédaction Rennes

Publié le

11 avr. 2026 à 15h50

C’est l’histoire sordide d’une défenestration maquillée en suicide. Souvenez-vous : le 31 octobre 2021 vers 9h45, les policiers étaient intervenus dans le quartier de Maurepas, à Rennes. Au pied d’un immeuble du square Saint-Exupéry, un homme de 41 ans gisait au sol. « Conscient », mais « incapable de parler », ce dernier décédera quatre jours plus tard à l’hôpital. Ce matin-là, un certain Kévin Gallet avait alors indiqué aux autorités que son « ami » avait « sauté par la fenêtre » de son appartement, situé au 3e étage, alors qu’il « passait le voir ».

En réalité, Kévin Gallet avait poussé volontairement Ludovic Caty dans le vide. Jeudi 9 avril 2026, l’homme de 34 ans était jugé par la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine.

« Cris » et « insultes » le matin des faits

L’autopsie avait conclu à un « polytraumatisme » compatible avec une « précipitation depuis un lieu élevé », mais ne s’était pas prononcée sur le caractère accidentel ou non.

La poignée de la baie vitrée de l’appartement était toutefois « abaissée aux trois quarts », ce qui laissait supposer l’intervention d’un tiers.

Plusieurs voisins avaient également relaté avoir entendu du « tapage » le matin des faits : les « cris », les « insultes » et les « bruits de porte qui claque » leur avaient fait penser à une « dispute ».

« Il faisait confiance aux gens qu’il ne fallait pas »

Kévin Gallet « squattait » en réalité chez Ludovic Caty depuis « un an », avaient-ils expliqué : cet homme « impulsif » faisait « toujours le bazar dans la cage d’escalier » et « tambourinait » à la porte d’entrée de l’immeuble « de jour comme de nuit », avait notamment raconté la voisine du dessous.

Quelques mois avant les faits, le compagnon de cette dernière avait même vu Ludovic Caty – quasiment aveugle et sourd et qui avait « des problèmes d’élocution et d’équilibre » ∑ se présenter à leur porte blessé au visage et « tremblant ».

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Celui-ci avait désigné Kévin Gallet comme l’auteur de sa blessure et avait refusé de retourner chez lui, obligeant la police à déloger les « squatteurs » de son appartement… « Il faisait confiance aux gens qu’il ne fallait pas », a souligné l’ex-compagne de la victime, à la barre de la cour d’assises.

« Meurtre en récidive »

Kévin Gallet avait donc été mis en examen pour « meurtre en récidive » : il avait en effet été condamné à trois ans de prison ferme en 2015 pour une violente altercation place Sainte-Anne au cours de laquelle deux étudiants avaient été grièvement blessés.

En plus d’avoir été formellement reconnu sur planche photographique par les voisins, son téléphone bornait dans l’appartement de Ludovic Caty dès « 7h10 » le matin du 31 octobre 2021.

Des versions différentes

Les versions données par ce trentenaire « sans domicile fixe », au moment des faits, avaient fluctué tout au long de l’enquête : il avait d’abord affirmé qu’il avait découvert « fortuitement » le corps de son ami au sol en passant dans le parc.

Puis, il avait mis en cause une autre personne dont la victime avait « peur », avant d’évoquer une « bousculade » au cours de laquelle Ludovic Caty aurait « trébuché ».

« J’aurais dû assumer direct »

Devant la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine qui l’a jugé pendant trois jours, Kévin Gallet a finalement reconnu avoir « jeté » son ami dans le vide après l’avoir quasiment laissé pour mort en lui donnant des « coups ». L’ADN de la victime avait effectivement été retrouvé sur l’épaule et le bras droit de l’accusé.

« C’était n’importe quoi, toutes ces versions. J’aurais dû assumer direct », a lâché le trentenaire qui explique avoir menti car il a « paniqué ».

Il a en revanche été incapable d’expliquer son geste, évoquant un « ensemble » de facteurs parmi lesquels la « fatigue » et « l’alcool » : il avait précisément « bu » et consommé de la cocaïne pendant une partie de la nuit plaine de Baud avec des amis. « J’étais matrixé, j’ai fait n’importe quoi, je n’ai pas réfléchi. Je suis fou », a soufflé celui qui compte déjà 19 condamnations à son casier judiciaire.

24 ans de réclusion criminelle

Kévin Gallet – défendu à l’audience par Me Stéphanie Peltier – a cependant fermement contesté avoir « voulu faire passer ça pour un suicide », malgré les « salades » racontées aux pompiers… qu’il avait d’ailleurs appelés sur l’incitation de sa mère.

Dans ces conditions, l’avocat général avait tout de même requis 25 ans de réclusion avec une période de sûreté des deux tiers.

La cour d’assises d’Ille-et-Vilaine a condamné Kévin Gallet à 24 ans de réclusion criminelle sans période de sûreté. À sa sortie de détention, il fera l’objet d’un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans : il aura dans ce cadre l’obligation de suivre des soins.

RB et CB (PressPepper)

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