L’entreprise de crypto bruxelloise Keyrock valorisée à plus d’un milliard d’eurosUne politique industrielle « plus activiste »

Le besoin d’approfondir le Marché unique, comme recommandé par les rapports Letta et Draghi, a fait l’unanimité comme manière de simplifier la vie des entreprises. Et ceci peut se faire sans nécessairement « déréguler », car il faut éviter de nuire à la sécurité des consommateurs et des travailleurs ou à la stabilité financière.

Il ne s’agit pas de privilégier les « champions nationaux ou européens » actuels, mais avant tout de permettre l’émergence de « futurs champions européens ».

La nécessité de favoriser l’émergence et/ou le renforcement d’une industrie de pointe en Europe redonne un rôle à une politique industrielle plus « activiste ». Mais, dans un monde où l’Europe est à la traîne par rapport aux États-Unis ou à la Chine non pas tellement en matière de nombre de nouvelles entreprises (start-up) créées, mais de nouvelles entreprises en forte croissance (scale-up, licornes), il est fondamental que cette politique industrielle soit accompagnée d’une politique de concurrence vigoureuse. Il ne s’agit pas de privilégier les « champions nationaux ou européens » actuels, mais avant tout de permettre l’émergence de « futurs champions européens ».

Ceci est en particulier vrai pour l’industrie de la défense (mais aussi pour les grandes infrastructures, énergétiques et autres), où de grands « champions nationaux » dominent souvent les marchés publics, alors qu’en Ukraine ce sont souvent de nouvelles entreprises innovantes qui offrent les principales solutions militaires.

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Le contexte géopolitique actuel démontre aussi le besoin d’une défense vraiment européenne, c’est-à-dire des budgets en hausse mais aussi et surtout plus de synergies via un vrai Marché unique dans ce secteur, et donc des appels d’offres à l’échelle européenne.

Comme l’a dit récemment Mario Draghi: l’Europe est prise au sérieux quand elle est fédérale, comme avec les politiques monétaire, commerciale ou de concurrence, mais pas quand elle reste un groupe d’Etats-membres susceptibles d’être divisés, comme en matière de défense.

Ceci nécessitera, comme recommandé par le rapport Draghi, de transférer une partie des budgets nationaux vers le niveau européen. Comme l’a dit récemment Mario Draghi : l’Europe est prise au sérieux quand elle est fédérale, comme avec les politiques monétaire, commerciale ou de concurrence, mais pas quand elle reste un groupe d’Etats-membres susceptibles d’être divisés, comme en matière de défense.

La transition verte

Quant à la transition verte, elle est nécessaire non seulement pour protéger le climat mais en tant qu’impératif géopolitique pour l’Europe : une plus grande part d’énergie décarbonée serait un avantage significatif à un moment où l’offre de pétrole et celle de gaz sont devenues aléatoires et bien plus onéreuses.

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Comment arriver à « plus d’Europe » comme voie vers plus de potentiel de croissance ? Comment réduire le nombre de réglementations nationales et transférer des budgets nationaux vers le niveau européen ? Et comment éviter des avancées suivies de reculs (comme en matière de transition verte), la confiance dans la stabilité de la réglementation étant essentielle pour stimuler l’investissement privé ?

Un projet européen « réaliste », suffisamment ciblé pour éviter de remettre en cause les réglementations nationales vues comme essentielles.

Trois réponses à ces questions ont émergé dans la discussion :

  1. Le besoin d’un « projet mobilisateur » pour que les citoyens européens y adhèrent. Une « Europe qui protège notre prospérité et notre sécurité » sur base des principes ci-dessus pourrait constituer un tel projet, s’il est accompagné de compensations financières pour protéger les inévitables « perdants » des changements industriels, en particulier dans le cas des transitions digitale et environnementale.
  2. Un projet européen « réaliste », suffisamment ciblé pour éviter de remettre en cause les réglementations nationales vues comme essentielles (l’exemple d’un 28e régime pour les sociétés a été mentionné, plus centré qu’actuellement sur les jeunes entreprises à forte croissance et limité à certaines catégories de travailleurs).
  3. Enfin, une « intégration flexible », basée sur une « coalition des volontaires » ouverte aux futurs entrants (comme cela a été le cas avec Schengen, ou avec l’Euro), coalition qui peut même aller au-delà des Etats-membres actuels : le cas de la défense, où une participation du Royaume-Uni et même de l’Ukraine serait très bénéfique, en est un cas évident.

Il ne faut pas sous-estimer la difficulté de cet ambitieux agenda. Mais il ne faut pas minimiser son importance, ni son urgence, dans un monde en évolution très rapide.