2,23 € le litre de gazole cette semaine, 2,03 € celui de Sans Plomb 95… Plus que jamais, des millions d’automobilistes français soufflent, voire souffrent lorsqu’il s’agit de passer à la pompe.

Depuis le 28 février, début du blocage du détroit d’Ormuz au Moyen-Orient par lequel circule environ 20% de l’approvisionnement pétrolier mondial, le litre d’essence se paye 32 centimes plus cher en France, et celui de diesel, 58 centimes…

L’Allemagne et la Belgique nous envient

Aux yeux des Français, la situation est critique. Elle fait pourtant des envieux parmi nos plus proches voisins. Les automobilistes allemands se ruant sur les stations-service frontalières ne font pas fausse route : outre-Rhin, l’explosion des prix est encore plus frappante.

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Le diesel coûte en effet 70 centimes plus cher en Allemagne aujourd’hui que fin février. Avec le Danemark et les Pays-Bas, le voisin allemand fait partie des pays d’Europe où le prix du diesel est le plus élevé. 

En Belgique, fait rare : le gazole (2,31 €/l) se paye désormais aussi plus cher qu’en France et suit quasiment la même hausse que l’Allemagne (+68 centimes du litre).

Le diesel au Luxembourg sera-t-il bientôt plus cher qu’en France ?

La question se pose sérieusement. Les stations-service du Luxembourg, habituellement l’eldorado des travailleurs frontaliers, affichent une hausse de prix de 72 centimes pour le gazole en un peu plus d’un mois. C’est la hausse la plus importante dans toute l’Union européenne. Le prix du litre de diesel au Luxembourg (2,19 €) talonne désormais celui de la France.

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Concernant l’essence, la France et le Luxembourg concèdent la même hausse d’une trentaine de centimes par litre de Sans Plomb 95, quand l’Allemagne et la Belgique suivent plutôt une hausse de 40 centimes. 

Et pour le GPL, la France et l’Allemagne s’en tirent beaucoup mieux (environ 6 centimes d’augmentation), que le Luxembourg et la Belgique, qui accusent respectivement 17 et 18 centimes de hausse…

Comment expliquer de tels écarts ? 

Une combinaison de facteurs fait que des pays sont plus ou moins durement impactés par la crise des carburants. 

  • La « dépendance » d’un état à l’énergie du Moyen-Orient 

Les pays de l’Union européenne ont des sources d’importations qui diffèrent. La France importerait environ 12% de son pétrole brut du Moyen-Orient (chiffres INSEE, 2024). D’autres pays sont plus dépendants. A savoir qu’environ 20% du pétrole brut mondial transite par Ormuz.

  • La spéculation sur les marchés du pétrole

L’incertitude au détroit d’Ormuz favorise la spéculation, et provoque de fortes fluctuations des prix du pétrole. Selon le moment où ils l’achètent, les pays peuvent payer des prix sensiblement différents.

  • Le plafonnement par TotalEnergies en France

Si l’Hexagone a dans un certain sens limité la casse pour le moment, c’est aussi indirectement lié à la stratégie commerciale agressive de TotalEnergies. En plafonnant les prix de ses carburants, le groupe « contraint » aussi ses concurrents à trouver des solutions pour rester compétitifs. 

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Selon les chiffres de l’UFIP Énergies et mobilités, les stations ont réduit leurs coûts de distribution (qui englobent le transport, le stockage, ou encore les marges) depuis fin février. Pour le consommateur, cela se traduit par quelques centimes de moins à payer par litre (environ 3 pour le Sans Plomb 95, et 6 pour le gazole). Mais cela ne compense évidemment pas l’explosion du prix de la matière première…