Publié le
11 avr. 2026 à 17h32
Faire défiler Marilyn Manson – visé par des accusations d’agressions sexuelles, concevoir des accessoires à l’effigie de Roman Polanski et de la maroquinerie affublée de symboles repris par l’extrême droite… La marque Enfants riches déprimés, sise rue Charlot à Paris, fait de la provocation son fonds de commerce. Pour le collectif Nous Toutes, le créateur Henri Alexander Levy sert de « vitrine à l’imaginaire fasciste » en promouvant « la violence, la domination et l’imaginaire militaire ». Le 2 avril 2026, des militantes ont mené une action en collant des affiches sur la vitrine. Leur message : « Le fascisme ne sera jamais fashion » Du côté du créateur, on se défend en évoquant la « subversivité de l’artiste. »
Un univers morbide et des t-shirts à l’effigie de Charles Manson
Mercredi 9 avril, aucun stigmate ne subsiste de l’action menée une semaine plus tôt devant la boutique. « On a entendu parler de la polémique mais sans plus », relève une étudiante en école de mode venue faire des repérages dans le point de vente. Si la jeune femme assure que ERD n’est pas son style, elle et son camarade expliquent à actu Paris comment la marque s’est fait connaître : « Ce n’est pas tant pour le style que pour le côté exclusif. Le créateur propose des t-shirts entre 700 et 1 800 dollars que seule une poignée de clients peut s’offrir. »
En 2016, Henri Alexander Levy indiquait dans une interview accordée au média Complex que « la meilleure façon pour (lui) d’expliquer la marque est celle d’une couture élitiste et nihiliste […] Le prix exclut le grand public, et les idées excluent les personnes qu’ (il) ne souhaite pas, en général, y inclure, en raison de leur nature sombre. »
Et quelles idées. Veste à l’effigie de Vladimir Poutine, t-shirt avec un Mickey arborant une croix gammée, une photo du meurtrier Charles Manson ou encore collaboration (de mauvais goût) avec le photographe de mode Terry Richardson – accusée par une dizaine de femmes d’agression sexuelle et visé par deux plaintes… Le créateur ne recule devant aucune polémique pour promouvoir sa marque. Dernière controverse en date : la présence de Marylin Manson au défilé d’ERD lors de la fashion week à Paris, avec une femme nue et entravée dans le décor. « Le symbole est dangereux, ça glamourise les violences de genre », relève une militante auprès d’actu Paris.
« D’une violence inouïe pour les victimes »
« Il valorise la pédocriminalité en érigeant en icône Roman Polanski, en collaborant avec des personnes accusées d’agressions sexuelles… C’est d’une violence inouïe pour les victimes en plus de faire l’apologie du fascisme en reprenant les codes vestimentaires », poursuit-elle.
Lors de l’action menée par Nous toutes, le collectif a également collé sur la vitrine des captures d’écran de photos partagées par Henri Alexander Levy sur son compte Instagram, des images de svastika et une photo d’un poignard sur lequel est gravée une croix gammée.
Visualiser le contenu sur Instagram
«Elles ont collé une svastika sur la devanture alors que le créateur est juif. Ça a été un vrai choc pour nous. Sa grand-mère est une victime de l’holocauste, nous confie une salariée. Nous sommes bouleversés. Henri Alexander Levy est un artiste, il est subversif. Évidemment qu’il ne promeut ni le fascisme, ni la pédophilie. C’est complètement fou. »
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ERD a fait appel à un avocat et compte entamer des poursuites judiciaires.
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