Au début de la décennie, il aurait été intrépide d’imaginer des Français se hisser parmi des ténors de l’asphalte tels que ceux au départ du marathon de Paris ce dimanche 12 avril (8 heures, diffusé sur France 3) : les Éthiopiens Kinde Atanaw (2h03’51”) et Leul Gebresilase (2h04’02”), l’Italien Yeman Crippa (2h06’06” mais un époustouflant 59’01” au semi de Naples en février) ou encore le champion du monde ougandais Victor Kiplangat (2h05’09”).
Mais les temps – et les chronos – ont changé. « Nos coureurs étaient à dix minutes des meilleurs étrangers il y a cinq ou six ans, ils ne sont plus qu’à deux, trois ou quatre minutes », se réjouit Frédéric Fabiani, responsable de la haute performance pour le marathon pour la Fédération française d’athlétisme.
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À Paris, sur un parcours exigeant plus propice aux coups tactiques qu’aux records, Emmanuel Roudolff-Levisse (2h07’40”) peut rêver à un top 10, voire mieux. Le premier surfe sur une préparation à Font-Romeu, le second en région parisienne. Pour les deux Français, l’arrivée sur l’avenue Foch ne constitue toutefois qu’une étape sur la route d’une saison animée par les championnats d’Europe à Birmingham (Angleterre) mi-août, et surtout par la chasse aux minima pour les Jeux olympiques de Los Angeles, probablement lancée le 1er décembre. C’est à Valence (Espagne), devenu le rendez-vous des records personnels, que la quête pourrait démarrer.
Des marathoniens de plus en plus jeunes
Seizième à Paris 2024 et premier Français, Nicolas Navarro (2h05’52”) sera un autre prétendant. Comme le controversé recordman de France, Morhad Amdouni (2h03’47”), et Mehdi Frère (2h05’41”), qui sortira de deux ans de suspension en juin après trois manquements à ses obligations de localisation. Cette densité, plus évidente chez les hommes que chez les femmes, malgré les bonnes performances de Mekdes Woldu (recordwoman de France en 2h23’13”), Méline Rollin et Mélody Julien, s’appuie sur des fondations qui permettent d’espérer des lendemains qui courent toujours plus vite.