edit-lop-10-1-17499801898921907701142.webp Élèves passant l’examen d’entrée en 10e année à Da Nang en 2025. Photo : Document d’archives.

Da Nang compte environ 46 000 diplômés du premier cycle du secondaire, mais seulement 38 690 places disponibles dans les écoles publiques. L’accès à l’école publique – considérée comme la voie la plus stable et la moins coûteuse – se restreint de plus en plus. Il ne s’agit plus seulement d’un problème familial, mais d’un problème politique fondamental qui exige une solution.

En théorie, les élèves non admis dans les écoles publiques disposent de nombreuses options : écoles privées, formation continue ou formation professionnelle. Cependant, la réalité est bien plus complexe. Les écoles privées, qui semblent être l’option la plus évidente, se heurtent à deux obstacles majeurs : un nombre de places limité et des frais de scolarité élevés. Pour de nombreuses familles ouvrières à faibles revenus, ces frais, qui s’élèvent à plusieurs millions de dongs par mois, représentent un fardeau considérable pendant trois ans, sans compter les autres dépenses annexes. Lorsque l’accès à l’enseignement privé reste restreint, ce choix devient rapidement le privilège d’une élite, plutôt qu’une solution universelle.

Dans ce contexte, la formation professionnelle est souvent présentée comme une voie professionnelle incontournable. Cependant, l’approche actuelle présente de nombreuses lacunes. La première concerne l’âge. À 15 ans, la plupart des élèves ne sont pas encore suffisamment matures, tant sur le plan de la conscience que du développement physique, pour prendre des décisions qui façonneront toute leur vie. Ils manquent d’expérience et de conscience de soi, et sont plus susceptibles de choisir une profession sous le coup de l’émotion ou de la pression familiale. Les pousser trop tôt vers une carrière peut avoir l’effet inverse : découragement, abandon scolaire ou travail précoce sans qualifications suffisantes. Cela peut même accroître la délinquance juvénile et perturber l’ordre public, engendrant des difficultés et des coûts importants pour les autorités.

De plus, le système actuel de formation professionnelle peine encore à instaurer un climat de confiance. Les installations, les infrastructures et le matériel pédagogique sont insuffisants. La qualité de la formation est inégale et les liens avec les entreprises restent ténus. Face à des perspectives d’emploi incertaines, il est difficile de convaincre les parents et les élèves de choisir volontairement cette voie.

Un autre inconvénient majeur réside dans la rupture du parcours scolaire. De nombreux programmes de formation professionnelle n’offrent actuellement aucune garantie d’obtention du diplôme d’études secondaires. De ce fait, les perspectives d’études supérieures des élèves peuvent s’en trouver limitées. Une approche plus judicieuse consisterait à opter pour un modèle « deux en un », combinant formation professionnelle et scolarité jusqu’à la terminale, afin de préserver les perspectives d’avenir. Toutefois, il me semble préférable que la formation professionnelle débute après le baccalauréat, car les élèves ont alors acquis une maturité plus complète et sont capables de s’orienter vers une nouvelle voie.

La pression ne faiblira pas cette année. Les prévisions indiquent que la prochaine promotion d’élèves sera encore plus nombreuse en raison de la tendance à avoir des enfants durant l’année du Dragon. Par conséquent, le nombre d’élèves n’étant pas admis dans les écoles publiques pourrait continuer d’augmenter fortement si des ajustements ne sont pas apportés rapidement. Cela engendrerait non seulement un stress accru lié aux examens, mais aussi une inégalité grandissante dans l’accès à l’éducation, exerçant une pression supplémentaire sur les familles et la société. Il s’agit d’un problème délicat susceptible d’avoir des répercussions durables sur le tissu social.

Pour éviter que ce scénario ne se reproduise durant l’année scolaire 2027-2028, des solutions systémiques s’imposent. Il est primordial d’accroître l’offre d’écoles publiques : en construire davantage, étendre leur capacité et optimiser l’utilisation des infrastructures existantes. Cette solution fondamentale, bien que difficile à mettre en œuvre à court terme, est essentielle. Parallèlement, le système d’enseignement privé doit être restructuré afin de devenir une option plus viable. Le gouvernement pourrait envisager des mécanismes de prise en charge des frais de scolarité ou des politiques telles que les chèques-éducation pour alléger le fardeau des familles à faibles revenus. Ce n’est qu’à cette condition que les écoles privées pourront véritablement contribuer à alléger la pression sur les écoles publiques.

La réforme de l’enseignement professionnel doit être au cœur des préoccupations. Il s’agit non seulement d’améliorer la qualité de la formation, mais aussi de repenser le modèle afin d’intégrer l’enseignement professionnel à l’obtention du diplôme d’études secondaires, en l’alignant sur les besoins des entreprises et les perspectives d’emploi. Plus important encore, il est nécessaire de changer la perception de la société vis-à-vis de l’enseignement professionnel : d’une solution de dernier recours, il doit devenir une voie prometteuse offrant de nombreuses opportunités d’emploi et des revenus attractifs.

En définitive, l’orientation professionnelle ne peut reposer uniquement sur la pression des examens. Les élèves ont besoin d’un accompagnement précoce en matière d’orientation, d’occasions de découvrir différents métiers et de la possibilité de faire des choix éclairés, sans se sentir éliminés dans une course qui les verra entrer en seconde en mai prochain. Le fait que plus de 7 000 élèves n’aient pas été admis dans les lycées publics est une statistique révélatrice. Elle nous alerte sur le fait que, sans intervention rapide, nous risquons de contraindre de nombreux élèves à emprunter une voie différente avant même d’avoir atteint leur pleine maturité. Il s’agit là non seulement d’un désavantage pour les individus, mais aussi d’une perte pour la société dans son ensemble.

Source : https://baodanang.vn/dung-de-cac-em-re-loi-khi-chua-kip-truong-thanh-3332128.html