Entrons dans le vif du sujet. L’usage des écrans s’impose chaque jour un peu plus dans nos vies, dès le plus jeune âge. Pourquoi a-t-on parfois le sentiment d’être accro au numérique ?
Je parlerais plutôt de dépendance, d’autant que celle-ci n’est pas reconnue à ce jour comme une addiction par les instances internationales. Seule l’addiction aux jeux vidéo en ligne, lorsqu’elle occasionne une rupture longue des liens sociaux, a fait l’objet d’une reconnaissance par l’Organisation mondiale de la santé. Cette question de la dépendance s’illustre notamment à travers les réseaux sociaux. Des ressorts addictogènes – des interfaces que l’on appelle « darks patterns » – jouent sur des biais cognitifs et exploitent des réflexes psychologiques inhérents à chaque être humain dans le but de garder les personnes sur les réseaux le plus longtemps possible.
« Les réseaux sociaux sont une économie de l’attention »
Comment cela se traduit-il, concrètement ?
Le principe est plutôt simple : dès qu’il saisit ce que vous aimez, l’algorithme va vous servir indéfiniment des contenus – le plus souvent des vidéos – qui vous intéressent. À chaque contenu, vous recevez une décharge de dopamine, l’hormone de la …