À 60 ans, Nathalie souffre d’obésité. Depuis le mois de septembre, elle participe trois fois par semaine à des séances de longe-côte proposées par l’association Refaire Surface. Sur la plage du Petit Roucas-Blanc (8e), l’eau est à 13 degrés mais la sexagénaire reste déterminée à se jeter à l’eau.
Montées de genoux, talons fesses, l’échauffement est rythmé par les éclaboussures d’eau glacée. « J’ai fait une dépression, je ne sortais plus de chez moi. J’avais beaucoup de complexes et je n’osais plus me mettre en maillot de bain. Depuis que j’ai commencé les séances, j’ai à nouveau confiance en moi. Ça me répare », affirme-t-elle, en ajustant sa combinaison de plongée.
« Faire du sport est un vrai remède »
« Quand on souffre d’une maladie chronique, faire du sport est un vrai remède. D’ailleurs, ça limite entre 30 à 40% le risque de récidive pour les femmes atteintes de cancer du sein », explique Aurélien Guillois, cofondateur de Refaire Surface.
Créée en 2024, l’association propose une dizaine de séances par semaine entre randonnée palmée, longe-côte et aquagym en mer. « Certaines personnes s’isolent à cause de leur maladie. Profiter du littoral est une thérapie et un temps de répit qui permet aussi de sortir du parcours médical classique entre les traitements, les médicaments ou les longues journées à l’hôpital », ajoute-t-il.
Prescrit par un médecin mais non remboursé par la Sécu, le sport santé fait partie intégrante du parcours de soins. / Photo Gilles Bader
Aujourd’hui, un Français sur quatre souffre d’une pathologie chronique, trois sur quatre après 65 ans, qui diminue considérablement leur qualité de vie. Et depuis 2011, ces activités physiques adaptées (APA) sont reconnues comme thérapeutique par la Haute autorité de santé. Prescrit par un médecin mais non remboursé par la Sécurité sociale, le sport santé fait désormais partie intégrante du parcours de soins.
« Ça soigne le corps et la tête surtout »
Le groupe du jour est composé de quatre femmes : Martine, Marie-Pierre, Nathalie et Dominique. « Toutes ont une maladie chronique. Chacune suit le cours à son rythme et on adapte la séance à chaque pathologie », précise Malaïka Rousier, qui encadre le groupe. Près de la bouée, Marie-Pierre sautille pour se réchauffer. « Elle est fraîche mais ça me fait un bien fou, ça soigne le corps et la tête surtout », remarque cette retraitée de la Valentine (11e).
Dans l’eau, Nathalie enchaîne les mouvements avec précision. « Depuis que je fais du longe-côte, j’ai arrêté les médicaments pour mes douleurs au genou », se réjouit-elle. / Photo Gilles Bader
À côté, Nathalie enchaîne les mouvements avec précision. « Depuis que je fais du longe-côte, j’ai arrêté les médicaments pour mes douleurs au genou. Refaire surface me permet de renaître de mes cendres », se réjouit-elle. À la sortie de l’eau, ces femmes affichent un large sourire et sur le sable, les langues se délient. L’occasion de partager les progrès, de s’échanger des astuces pour soulager une douleur et de se promettre, surtout, de revenir la semaine prochaine pour une nouvelle séance.