Les Girondins, champions d’Europe, se sont imposés face aux Toulousains (30-15), champions de France, en quarts de finale de la Coupe d’Europe.
UBB : un champion toujours en vie
«En route pour la 2e étoile», annonçait une banderole à Chaban-Delmas. Prophétie réalisée, l’UBB est toujours en vie en Champions Cup. Comme l’an dernier, Bordeaux-Bègles a sorti le grand Toulouse en Coupe d’Europe. L’an dernier c’était en demi-finale (35-18), cette année c’est en quarts (30-15). Un tour de force des Girondins qui signent une 14e victoire de rang dans la compétition continentale et disputeront, début mai, la troisième demi-finale de leur histoire en Champions Cup (après 2001 et 2025), face à Bath (lire ci-dessous). Ce dimanche, les joueurs de Yannick Bru ont fait parler leur puissance, faisant plier le solide Stade Toulousain en deuxième période. Sacré tour de force. D’autant que Toulouse, équipe la plus titrée en Europe (six sacres), restait sur sept demi-finales consécutives en Champions Cup. Meilleure équipe de la phase de poules, l’UBB aura encore l’avantage du terrain en demie, mais ce sera, cette fois, au Stade Atlantique.
Jalibert-Ntamack, la guerre des chefs
Thomas Ramos avait bien essayé de désamorcer les hostilités : «Profitons plutôt d’avoir des bons numéros 10 en France, plutôt que de vouloir à chaque fois envoyer une pique à l’un ou à l’autre.» Reste que tous les regards étaient tournés, ce dimanche, sur le duel des deux ouvreurs du XV de France, Matthieu Jalibert et Romain Ntamack. Un choc trois étoiles entre deux joueurs bien décidés à marquer leur territoire. Si le Bordelais a tenté quelques coups en début de match, c’est le Toulousain qui a mis son équipe sur de bons rails en marquant après un renvoi manqué par Moefana (26e). Froide efficacité alors que les débats étaient jusque-là cadenassés. Mais, alors que l’UBB était menée à la pause, Jalibert a sorti de son chapeau sa «spéciale» : un coup de suivre à suivre pour lui-même avant d’aller marquer. Superbe inspiration. L’ouvreur de l’UBB a confirmé, ce dimanche, sa superbe forme actuelle, dans la lignée de son Tournoi des six nations réussi. La magie était du côté de l’UBB, qui a profité aussi de l’indiscipline de Toulouse, plombé par le carton rouge pour vingt minutes de Dorian Aldegheri (38e) puis le jaune sanctionnant Antoine Dupont (57e).
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Bielle-Biarrey est resté muet
Avant le début du match, un frisson a parcouru Chaban-Delmas. Louis Bielle-Biarrey se faisait poser un strap lors de l’échauffement. Allait-il tenir finalement sa place pour ce quart de finale ? Au final, l’ailier supersonique de l’UBB était bien présent au coup d’envoi sur son aile gauche. Et, dès ses premiers ballons, il a montré qu’il était bien en possession de ses moyens, plaçant quelques grosses accélérations. Mais sans trouver la faille dans la défense toulousaine. Une première alerte d’entrée devant Romain Ntamack (4e). Une autre devant Teddy Thomas, obligé de faire un arrêt de volée (32e). S’il a réussi à placer quelques accélérations rageuses (comme à la 50e minute), il n’a pas réussi à marquer contre Toulouse, lui qui avait manqué les deux confrontations en Top 14. Son compteur reste bloqué à 28 essais en 25 matches. Ce qui reste monstrueux. On attend tellement de lui.
Les «gros» de l’UBB sortent les muscles
Le temps où le pack bordelais était jugé trop tendre, pas assez puissant, est désormais révolu. Déjà, l’an dernier, dans la conquête du premier titre européen, les avants girondins étaient montés en puissance et avaient fait de gros dégâts. Renforcer son huit de devant a été l’une des priorités de Yannick Bru depuis son arrivée et cela porte ses fruits. «Toulouse, c’est le pack du XV de France, plus Jack Willis», avait prévu le manager bordelais. Et, ce dimanche, l’UBB a répondu présent devant. Les «gros» se sont démenés, assénant des gros plaquages, sauvant des situations mal embarquées et marquant un essai toute en puissance, après une pénaltouche (24e). Sans complexe. Après un réveil des Toulousains au retour des vestiaires, les avants bordelais ont redressé la tête et repris leur intense bras de fer. Intense, musclé, indécis. Et de marquer – à nouveau en force – par le cubique Ben Tameifuna (58e), entré en cours de jeu. Grosse performance des avants bordelais.
Place à Bath, de retour 20 ans après
Pour une place en finale, les Bordelais défieront, début mai, les Anglais de Bath, champions d’Angleterre en titre et vainqueurs de la dernière Challenge Cup. L’équipe de Finn Russell, l’ouvreur écossais – bien connu en France pour être passé par le Racing 92 – a connu un parcours 100% anglais pour se hisser dans le dernier carré après sa victoire contre les Saracens (31-22) en huitièmes de finale puis contre Northampton (43-41), les vice-champions d’Europe, en quarts. Bath – vainqueur de la compétition en 1998 contre Brive (19-18) au stade… Chaban-Delmas qui s’appelait encore le Parc Lescure – retrouve le dernier carré de la compétition continentale depuis 2006 et une défaite 18-9 contre Biarritz.