Par
Nicolas Zaugra
Publié le
13 avr. 2026 à 18h46
Un étudiant en droit inscrit à l’Université Lyon 3-Jean-Moulin va-t-il faire plier la célèbre enseigne Grand Frais ? Le réseau de magasins né dans la région lyonnaise est mis en cause par un ex-employé qui a travaillé durant un an et demi au rayon fruits et légumes du magasin Grand Frais à Viriat (Ain), au nord de Lyon. Il a attaqué son ancien employeur pour « harcèlement moral ».
Zakaria, 21 ans, a attaqué le magasin en justice après avoir découvert les coulisses du fonctionnement quotidien de l’une des enseignes préférées des Français. Le jeune homme a passé un an et demi dans le rayon fruits et légumes après avoir été embauché en février 2023 à l’âge de 18 ans pour un job étudiant. Il veut faire tomber ce qu’il appelle le « système Grand Frais« , a-t-il témoigné auprès du Progrès ce lundi 13 avril 2026, qui permettrait au groupement d’intérêt économique (GIE) de s’accommoder du Code du travail.
Un contrat de 10 heures par semaine
L’ancien collaborateur de Grand Frais travaillait avec un contrat de 10 heures par semaine tous les samedis. Son contrat n’était pas relié à l’enseigne mais à une société indépendante, appelée « Les Jardins de Viriat », elle-même filiale de la holding ProSol qui agit pour tous les rayons fruits et légumes de tous les magasins Grand Frais de France.
Un montage qui permet d’échapper à la mise en place d’un comité social et économique (CSE) et à l’élection de représentants du personnel puisque la structure compte moins de 11 salariés. Grand Frais a recours à ce procédé pour plusieurs de ses rayons, la boucherie, la crémerie ou encore la poissonnerie. Le syndicat Sud-Solidaires a attaqué ce montage devant le tribunal judiciaire de Lyon en janvier 2023.
Selon l’étudiant en droit, ce type d’organisation « ouvre la porte à tous les excès en termes de management toxique ».
Un harcèlement « banalisé », selon l’ancien employé
Dans sa procédure aux prud’hommes, le jeune homme dénonce un « harcèlement banalisé » ce qui a provoqué sa démission. Il évoque notamment des propos inconvenants, que trois supérieurs hiérarchiques auraient tenus à son égard, sur le groupe privé WhatsApp des employés.
L’affaire a été mise en délibéré le 11 septembre 2026. « Je ne fais pas ça pour l’argent, j’entends seulement dénoncer cette organisation et ces pratiques qui laissent les salariés livrés à eux-mêmes et sans défense face à leur hiérarchie », affirme-t-il. Il réclame 600 euros de dédommagement à Grand Frais.
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