La librairie emblématique du Triangle à Montpellier connaît des difficultés financières. Sauramps ne sera pas, pour la première fois, présente au grand rendez-vous littéraire de la Comédie du livre, du 15 au 24 mai.
Pour la première fois, la Comédie du Livre, 41e du nom, se fera sans la librairie Sauramps. L’évènement littéraire qui se déroulera entre le 15 et le 24 mai prochain, avec le gros week-end des 21, 22 et 23 mai au jardin du Peyrou. Sauramps, depuis toujours, y occupait un grand emplacement afin d’y recevoir des dizaines d’auteurs en dédicace. Cette année, ils étaient soixante à être invités par le libraire emblématique. « Pas d’inquiétude, ces soixante auteurs seront répartis chez des confrères, ils seront bien présents à l’évènement », promet David Lafarge directeur de Sauramps. « Et pour notre part, nous espérons revenir dès l’an prochain. Cette année est trop compliquée pour nous et la Comédie représente un très fort investissement financier. On est très heureux chaque année d’y participer, mais il faut savoir que, pour nous, cela représente 60 000 € de commandes, un engagement dont le retour n’est forcément jamais garanti. Au vu de nos difficultés actuelles, c’est trop lourd. »
Des locaux bourrés de contraintes
La librairie Sauramps, qui célèbre cette année ses 80 ans d’existence et son demi-siècle au Triangle souffre en effet, et de la crise des librairies (qui voit nationalement des fermetures d’établissements) et de son implantation dans un centre commercial central, mais bourré de contraintes. Au Triangle, la librairie est locataire et doit composer avec 14 copropriétaires. Ses 2 300 m 2 de surface se répartissent en demi-étages, peu accessibles (pour arriver au monte-charge… des marches !) sans évoquer le manque d’isolation. D’ici quelques jours, la librairie va lancer une pétition à l’adresse de ses clients et partenaires : « notre idée est de les questionner sur leur appréciation du lieu », annonce David Lafarge. Le but de cette mobilisation sera bien de pousser pour que les propriétaires jouent le jeu, soit par une rénovation du bâtiment, soit pour aborder franchement une solution de sortie.
80 ans et des fragilités
Institution Fondée en 1946 par Henri Sauramps, développée dans les années 1950 sous l’impulsion de Pierre Toreilles, puis installée depuis 1978 sur la dalle du Triangle, la librairie montpelliéraine a traversé les décennies comme un pilier culturel. Mais aujourd’hui, l’institution vacille. Depuis plusieurs semaines, les salariés évoquent un arrêt des commandes, des rayons qui se vident et une activité au ralenti. Déjà fragilisée par un redressement judiciaire en 2017, malgré sa reprise par le groupe de François Fontès, Sauramps fait face à une nouvelle zone de turbulences. La chute du chiffre d’affaires et des pertes estimées à 3,5 M€ alimentent les inquiétudes. Fermetures successives (du musée Fabre à Odysseum début 2026) et contraintes structurelles accentuent la pression. Si la direction se veut rassurante, le climat reste fragile autour de cette librairie historique, à l’avenir désormais incertain.
Entre Montpellier et Alès 56 salariés
En attendant, les 44 salariés de Sauramps Comédie (ils sont 12 sur le site d’Alès) ont fermé deux pièces d’un étage et ont limité les commandes. Le propriétaire François Fontès (qui, pour l’instant, ne s’exprime pas), travaille toujours activement à la recherche de partenaires ou d’associés pour sortir de la crise. « On se bat, on est déterminé à tout faire pour remonter la pente », assure David Lafarge.