Cela fait plus de deux heures que Laurent Raviot questionne l’accusé. Le président de la cour d’assises de Paris spécialement composée décortique ses sept auditions de garde à vue devant les enquêteurs de la sous-direction antiterroriste (Sdat) et ses déclarations chez le juge d’instruction. Face au tombereau d’incohérences et d’invraisemblances qui noircissent les pages d’interrogatoires, « on a du mal à vous suivre », souffle le magistrat. « On a presque l’impression que c’est pathologique chez vous, le mensonge. »
Debout dans le box, Audrey Mondjehi parle en faisant danser ses mains. Il répond parfois de manière approximative, tape à l’occasion à côté, comme s’il comprenait les questions de travers. Ou bien se perdrait-il dans ses incessants mensonges, ainsi que…