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La zone franche franco-monégasque proposée à Nice par Éric Ciotti, le nouveau maire UDR de la ville, pendant la campagne électorale, verra-t-elle le jour ? Ce « paradis fiscal » sur le territoire français, soutenu par certains entrepreneurs, promet 1 000 emplois annuels, mais soulève des critiques politiques et juridiques sur sa faisabilité réelle.
Éric Ciotti, nouveau maire UDR de Nice (Alpes-Maritimes) élu grâce à une alliance avec le RN, avait proposé pendant la campagne des municipales la création d’une zone franche économique commune avec Monaco. Ce projet de petit « paradis fiscal » sur le territoire de Nice viserait à permettre aux entreprises de la Principauté de s’installer dans la plaine du Var tout en conservant leurs avantages fiscaux et sociaux, explique Nice-Matin.
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Pour l’élu de la Côte d’Azur, l’objectif principal est de répondre aux difficultés de transport des 40 000 salariés des Alpes-Maritimes, dont 25 000 Niçois, qui travaillent quotidiennement sur le territoire monégasque. Éric Ciotti estime que sa solution de zone franche est « une solution de plus » pour améliorer le cadre de vie des actifs subissant des saturations routières et ferroviaires.
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« Fantasme politique », « brader notre territoire »
Selon TVMonaco, Éric Ciotti considère aussi ce projet comme un levier de croissance économique. Fin 2025, pendant la campagne électorale, Philippe Ortelli, président de la Fédération des entreprises monégasques (FEDEM), se montrait favorable à cette étude qui soutiendrait le besoin de développement de 1 000 emplois annuels en Principauté, rapportait Monaco Tribune.
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Mais l’idée ne fait pas que séduire. Elle suscite aussi de vives critiques au sein de la classe politique locale. Dans une publication sur Facebook, Dominique Estrosi Sassone, sénatrice LR des Alpes-Maritimes et ex-femme de Christian Estrosi, ancien maire de Nice et grand rival d’Éric Ciotti, qualifiait la proposition de « fantasme politique » et d' »idée fumeuse ». À gauche, la coalition PS-PCF-Écologistes estimait auprès du Figaro qu’il était « paradoxal qu’un responsable se revendiquant patriote en vienne à brader notre territoire à un paradis fiscal étranger ».
Une idée « séduisante » pour le prince Albert II
Mais la mise en œuvre d’un tel projet devrait toutefois emprunter un long chemin diplomatique et législatif. Cela nécessiterait d’abord la signature d’un traité international entre la France et Monaco puis une loi, explique Nice-Matin. Si Éric Ciotti affirme que le prince Albert II trouve l’idée « séduisante », le souverain a toutefois tempéré ces propos dans les colonnes de Monaco-Matin. Le prince précise n’avoir « pas été approché officiellement encore » tout en reconnaissant que cette alternative pourrait être envisagée à l’avenir. « C’est une idée qui pourrait voir le jour dans un avenir que l’on espère assez proche », a-t-il conclu.