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En Angleterre, le nombre de personnes hospitalisées après une morsure d’araignée a doublé en dix ans. Les experts pointent du doigt la prolifération de la fausse veuve noire, une espèce invasive dont le venin et les bactéries peuvent entraîner de graves complications médicales.

L’époque des araignées inoffensives semble révolue outre-Manche. Face à l’invasion de la « fausse veuve noire », les services de santé britanniques tirent la sonnette d’alarme sur une menace domestique bien réelle, rapporte The Mirror.

Une prolifération inquiétante

Originaire des îles Canaries, la fausse veuve noire (Steatoda nobilis) a colonisé le sud de l’Angleterre, s’invitant même jusque dans les jardins du palais de Buckingham. Selon Clive Hambler, chercheur à l’université d’Oxford, « l’époque où l’on pouvait considérer les araignées comme inoffensives en Grande-Bretagne est révolue ».

Les chiffres du NHS, le service national de santé britannique, confirment cette tendance : alors qu’on ne recensait que 47 hospitalisations en 2015, ce chiffre a grimpé à 100 en 2025, dont 73 admissions directes aux urgences.

Un danger bactérien méconnu

Si la morsure elle-même est « comparable à une piqûre de guêpe, voire plus intense », selon le Dr Michel Dugon, le risque majeur réside ailleurs. Au-delà du venin, ce sont les bactéries transportées par l’araignée qui inquiètent les scientifiques.

Ces agents pathogènes peuvent provoquer des infections sévères, allant de la septicémie à des complications nécessitant parfois « une amputation, une septicémie et la mort ». L’espèce est désormais décrite comme « l’araignée la plus dangereuse se reproduisant en Grande-Bretagne ».

Apprendre à cohabiter avec prudence

Malgré cette hausse statistique, les spécialistes appellent à la mesure. Adam Hart, professeur à l’Université du Gloucestershire, rappelle que ces animaux « ne cherchent pas particulièrement à mordre » sauf s’ils sont coincés contre la peau.

L’enjeu est désormais d’éduquer le public à traiter ces arachnides avec « respect », comme c’est déjà le cas dans d’autres régions du monde. Des précautions simples, comme éviter toute manipulation directe, permettent de limiter drastiquement les risques de morsures graves.