Comme l’an dernier, l’UBB a fait très mal à Toulouse dans le combat du jeu au sol. Des Toulousains qui ont laissé trop de points en route pour espérer l’emporter. De leur côté, les Toulonnais se sont arrachés en défense à Glasgow.
On prend les mêmes et on recommence. Un an après, Bordelais-Béglais et Toulousains se sont une nouvelle fois affrontés en Champions Cup. Si Ugo Mola pouvait compter sur tous ses hommes en forme, le résultat n’en est pas moins resté le même et ce sont les champions d’Europe en titre qui sont sortis vainqueurs. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Yannick Bru s’est appuyé sur la rencontre de l’an dernier pour rééditer l’exploit.
L’UBB, la guerre du sol
Les avants girondins avaient une mission simple : pourrir la vie des Toulousains dans les rucks. Et on peut dire qu’ils ont relevé le défi haut la main. Les coéquipiers de Maxime Lamothe ont contesté près de 50 % des rucks offensifs de Toulouse (46/107, 43 %). Une tactique récompensée : les Bordelais-Béglais ont gagné huit ballons sur les munitions adverses. Dans ce domaine, c’est Jefferson Poirot qui a porté les siens. Le pilier international a gratté deux ballons et mis fin à deux temps forts toulousains (4e, 37e).
Si la stratégie fut payante, l’UBB a aussi profité de l’indiscipline de Toulouse (11 pénalités à 5). À 14 contre 15 pendant plus de 30 minutes, les Rouge et Noir ont trop subi après la pause pour espérer l’emporter. Le score n’en est pas moins sévère contre les champions de France. D’après les « expected points » fournis par notre partenaire Aia Sports, le score aurait dû être de 24 à 23. Surtout, les Rouge et Noir ont eu plus d’occasions d’essais que l’UBB (3,17 vs 3,26). Peu importent les stats et les points qui auraient dû ou pu être inscrits, ce sont les Bordelais qui en ont marqué plus et qui affronteront Bath en demie. Car ce sont bien les Anglais qui s’en sont sortis dans un match fou face à Northampton.
Face aux coéquipiers de Finn Russell, les champions en titre vont trouver du répondant dans les rucks. Contre les Saints, Bath a contesté pas moins de 56 % des rucks adverses. Dans ce domaine, l’UBB devra se méfier de Guy Pepper.
Toulon s’arrache en défense
De l’autre côté du tableau, ce sont les Toulonnais qui ont décroché le précieux sésame et qui affronteront le Leinster à l’Aviva. Les Varois se sont qualifiés au mérite d’une magnifique victoire à Glasgow (19-22). En Écosse, les hommes de Pierre Mignoni se sont envoyés comme des damnés dans une rencontre à plus de 44 minutes de temps de jeu effectif.
Mais pour venir à bout des Irlandais, le RCT devra se montrer plus discipliné qu’à Glasgow (15 fautes). Surtout, il faudra encore un Gaël Dréan à son meilleur niveau. Avec son doublé, ses deux franchissements et ses six défenseurs battus, l’international bleu a donné le tournis à ses adversaires. Mais s’il y a bien un domaine où les Toulonnais se sont illustrés, c’est en défense. Ils ont réussi pas moins de 224 plaquages, dont 21 par Ollivon, 20 par Baubigny, 18 par Gros et Sinzelle, tous dans le top 5 de la journée. Il n’en faudra pas moins à l’Aviva.