Eric Toledano et Olivier Nakache racontent une belle histoire de famille dans Juste une illusion. Ils savent de quoi ils parlent puisqu’ils évoquent leurs proches. Les réalisateurs d’Intouchables et du Sens de la fête ont fusionné leurs souvenirs d’enfance en un film délicieux, nostalgique drôle et tendre comme ils en détiennent le secret. Le titre donne le ton en évoquant une chanson culte du groupe anglais Imagination.
Le jeune Vincent, héros du film joué par Simon Boublil, ce sont eux deux réunis en un seul personnage de gamin timide. Les parents incarnés par Camille Cottin et Louis Garrel sont aussi un savant mélange de leurs propres géniteurs. « On savait que c’était le film que les réalisateurs voulaient faire sur leurs parents. Donc c’était très touchant qu’ils nous demandent, à nous deux, de jouer la fusion de leurs pères et de leurs mères. J’ai été très honoré de pouvoir faire ça », avoue Louis Garrel.
Au cœur des années 1980
Pierre Lottin en concierge un brin insistant et Alexis Rosenstiehl en grand frère complètent une distribution homogène. Ceux que Jean-Pierre Bacri avait surnommés les « frères qui n’ont pas le même nom » font revivre la France des années 1980 avec une justesse folle pour le public qui l’a connue et une vivacité remarquable pour qui la découvre. « Eric et Olivier ignoraient qu’il y avait beaucoup de points communs entre leur famille et la mienne, confie Camille Cottin. Mais j’ai mis aussi une part de la mère que je suis dans mon personnage. »
Louis Garrel et Camille Cottin interprétent les parents des réalisateurs Eric Toledano et Olivier Nakache. - Caroline Vié
Le père cherche du travail tout en cachant à ses enfants qu’il est au chômage. La mère prend des cours d’informatique pour avoir un poste plus intéressant. Les enfants voient tout, savent tout. Ils sont aimés et aiment en retour. Les réalisateurs montrent la vie telle qu’elle est avec ses hauts, ses bas, ses colères et ses joies. « C’est la première fois qu’ils font un film aussi intime. Ça confirme bien que plus on est personnel, plus on arrive à toucher les gens », estime Louis Garrel. Camille Cottin ajoute : « Ce film célèbre la beauté du lien. »
Juste de l’amour
Camille Cottin a pu rencontrer ses modèles, les mères des cinéastes, qui l’ont complimentée pour sa composition. Louis Garrel n’a pas pu recevoir les louanges des papas, décédés avant que le film soit fini. « J’aurais beaucoup aimé les rencontrer, avoue-t-il. J’ai eu la chance d’avoir des photos d’eux sur le plateau. Ce qui était très touchant d’ailleurs. »
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A l’écran, ce duo est filmé avec une délicatesse qui met parfois les larmes aux yeux. « J’ai aimé créer avec Louis ce couple qui a une forme de fraternité, précise Camille Cottin. Il y a un truc culturel qui les lie, mais pas que. À un moment, ils arrivent à la limite de ça. C’est-à-dire que le rapport amoureux est surtout un peu altéré. » Le spectateur prend fait et cause pour eux tout autant que pour leur fils amoureux transi d’une collégienne de bonne famille. L’amour que ressentent Eric Toledano et Olivier Nakache pour leur famille affleure avec un tel naturel qu’on se sent bienvenu chez eux. Et qu’on y retournerait volontiers.