Par
Lucie Fraisse
Publié le
14 avr. 2026 à 19h17
La Banque alimentaire de Toulouse aide chaque semaine près de 38 000 bénéficiaires par le biais de différentes associations et distribue des denrées récupérées auprès de producteurs, d’industriels ou encore issues de dons de particuliers. Une activité principalement logistique, qui vient de prendre un tournant avec l’inauguration d’un tout nouveau site pour héberger ses activités, dans le quartier de Sesquières, à deux pas d’Emmaüs.
7 000 m² d’entrepôts
7 000 m² d’entrepôts et 400 m² de bureaux. Le nouveau site de la Glacière est encore dans un état plutôt brut, mais à terme, il abritera toutes les activités de la Banque alimentaire et la plateforme de l’avenue de Fronton fermera.
Réparti sur deux bâtiments, ce nouveau site signe un renouveau pour l’association et la fin de plusieurs années de « défis humains », selon le joli euphémisme d’Aurélie Racine, directrice de la Banque alimentaire de Toulouse.

38 000 bénéficiaires sont aidés chaque semaine via 120 associations approvisionnées par la Banque alimentaire. (©Actu Toulouse/L.F.)Une fermeture soudaine en 2023
En avril 2023, l’association avait en effet été confrontée à la fermeture soudaine d’un de ses deux entrepôts à la suite d’un problème sur un des bâtiments. Une fermeture qui avait occasionné l’évacuation de 800 palettes, la fermeture d’une chambre froide et d’un espace de stockage surgelé.
Pendant trois ans, l’association a trouvé des solutions temporaires, allant jusqu’à installer une partie de ses activités dans un collège vide, mis à disposition par le Conseil départemental.
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38 000 personnes aidées par semaine
« On a bricolé des solutions, raconte Sébastien Vincini, président du Conseil départemental de la Haute-Garonne. Mais il était nécessaire de trouver un bâtiment avec des capacités de stockage. »
D’autant que, entre-temps, la précarité n’a pas reculé, bien au contraire. Alors que l’activité de la Banque alimentaire permettait d’aider 12 000 personnes par semaine avant la crise Covid, ce sont désormais 38 000 bénéficiaires qui sont soutenus par le travail de l’association, sur Toulouse, la Haute-Garonne, l’Ariège et le Tarn-et-Garonne.
« Il y a de plus en plus de familles monoparentales, de plus en plus de travailleurs pauvres, détaille Aurélie Racine. Et la moitié de nos bénéficiaires ont moins de 25 ans. »
Avec l’aide des collectivités

Le projet a reçu le soutien financier de l’État, du Département, de Toulouse Métropole et de la Région. (©L.F./ Actu Toulouse)
« On peut se demander ce qu’il se passerait si la Banque alimentaire n’existait pas, analyse Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole. On devine sans difficulté l’utilité que cette plateforme aura dans l’activité de l’association ».
Une plateforme dont le financement a été monté avec le soutien de l’État à hauteur d’un million d’euros, du Conseil départemental de la Haute-Garonne (un million d’euros), de Toulouse Métropole (600 000 euros) et de la Région Occitanie (500 000 euros). La Banque alimentaire a aussi contracté des prêts pour financer le projet.
De nouveaux aménagements à financer
Et il va encore falloir trouver de l’argent avant que la Banque alimentaire puisse finaliser complètement son installation sur le site de la Glacière.
« Il faut notamment installer des chambres froides, on voudrait aussi faire un site autonome en énergie, en mettant notamment des panneaux solaires mais aussi favoriser les activités de compostage par exemple, détaille Aurélie Racine. On pense qu’il nous faudrait 4 à 5 millions d’euros pour financer ces aménagements. Notre objectif serait de les réaliser d’ici trois ans. »
70 salariés et près de 150 bénévoles
En attendant ces nouveaux aménagements, 70 salariés (dont 45 en insertion) et près de 150 bénévoles sont mobilisés localement pour la Banque alimentaire et ses plateformes logistiques. Un vivier de bénévoles qui ne demande d’ailleurs qu’à grandir.
« Bien sûr qu’on est à la recherche de bonnes volontés, s’enthousiasme Aurélie Racine. Et pas que pour trier, transporter ou inventorier les denrées alimentaires. On a aussi besoin de gens pour les fonctions supports, avec des personnes qui s’y connaissent en gestion, en informatique, etc… »
La prochaine collecte de la Banque alimentaire aura lieu le 8 novembre prochain.
Il y a 40 ans, la Banque alimentaire de Toulouse naissait dans un appartement du Mirail
On mesure le chemin parcouru jusqu’à l’inauguration de cette plateforme logistique à Sesquières, quand on sait que la Banque alimentaire de Toulouse est née en 1986 dans un appartement du Mirail de… 46 m² !
« On passait les produits par la fenêtre, se rappelle en souriant Bertrand de Gaulejac, fondateur de la Banque alimentaire à Toulouse. Et je peux vous dire que quand on a installé les chambres froides, elles prenaient la moitié de la surface. »
A l’époque, la Banque alimentaire reposait sur le travail d’un salarié et de 18 bénévoles. Des associations catholique, juive, musulmane et protestante de Toulouse s’étaient unies pour créer cette structure inspirée de la première Banque alimentaire parisienne.
Très vite la Banque alimentaire s’installera au marché gare -ancêtre de l’actuel Min- et n’a depuis cessé de grandir, en même temps que le nombre de bénéficiaires.
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