Pour sa huitième édition qui se déroulera du 17 au 26 avril, le FémiGouin’Fest propose plus d’une vingtaine de rendez-vous autour de la thématique de l’amitié entre “pédés et gouines”. Ces termes qui « marquent notre politisation radicale contre toutes formes d’inégalités et de discriminations » sont aussi le reflet d’une nouvelle dynamique strasbourgeoise visible depuis la marche lesbienne de 2025. « Plutôt qu’une marche en mixité choisie avec des femmes lesbiennes de tous bords politiques, y compris de droite, nous avons organisé une marche réunissant les gouines, les trans et les pédés ayant un engagement radical et intersectionnel. Pour nous, il est primordial de lutter ensemble », expose Julie Picard, l’une des membres fondatrices de l’association FémiGouin’Fest. Cette année, plusieurs autres associations se sont effectivement impliquées dans la programmation, telles que FAGs , Diaspora ou Ascendant Butch.
14 projections, une exposition et une marche
Cette collaboration et ces liens seront donc au cœur de la huitième édition du festival dans le cadre duquel quatorze courts et longs-métrages seront projetés au Cosmos, d’ I want my people to be remembered ( Je veux qu’on se souvienne de nous ) qui retracent les archives de la photographe lesbienne Donna Gottschalk, au Fantôme du Hard , histoire déjantée d’un club gay hard à Marseille, en passant par l’avant-première du film d’animation Bouchra qui raconte la vie d’une cinéaste lesbienne marocaine à New York. Plusieurs projections seront suivies de débat, à l’instar de Dreamers qui sera l’occasion d’un échange avec l’association Diaspora ou de Fatherhood suivi d’un état des lieux des lois françaises sur la transparentalité.
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Parmi les temps forts, on note également l’exposition réalisée par les photographes strasbourgeois Charlène Hfr, Charlie Antoine et Ahmed Ladhari qui sera proposée au Karmen Camina du 18 avril au 3 mai. « Historiquement, nos deux communautés ont été pensées comme séparées quand bien même des luttes communes et de profondes amitiés ont existé. Qu’ils naissent dans l’amitié, la famille, la lutte — notamment face au sida — ou dans l’intimité, nos liens sont riches et pluriels », expliquent-ils dans leur note d’intention.
Archives et mémoires
Plusieurs tables rondes rythmeront également la programmation. Intitulée Comment et pourquoi archiver nos vécus ? , la première aura lieu samedi 18 à 14 h en présence de Fred, membre de Mémoire des sexualités, et de Ker Maron d’Histoires Crépues. Elle sera suivie d’un atelier proposé en partenariat avec la MIRA (Mémoire des images réanimées d’Alsace). Le samedi soir sera dédié à la prévention autour du chemsex (usage de substance psychoactive lors de rapports sexuels) et un focus sur Act Up, association de lutte conte le sida, sera proposé dimanche. L’historienne du Sida et militante engagée Sarah Schulman ainsi que l’autrice Nanténé Traoré participeront également à l‘événement.
Le festival s’achèvera avec une manifestation « contre les forces réactionnaires et l’homo nationalisme (*) » à l’occasion de la journée internationale de la visibilité lesbienne, dimanche 26 avril au départ de la place Kléber à 16 h.
Du 17 au 26 avril. Détails de la programmation sur Instagram et cinema-cosmos.eu
* Concept sociologique décrivant l’instrumentalisation des droits des personnes LGBT par des mouvements nationalistes ou des États, afin de justifier des positions xénophobes, racistes ou impérialistes.