Réunis en assemblée générale ce mardi 14 avril, plus d’une centaine d’avocats du barreau de Grenoble ont décidé de maintenir leur mouvement de protestation contre le projet de loi Sure (Sanction utile, rapide et effective), débuté le 1er avril. Comme dans de nombreux autres barreaux de France, les avocats grenoblois sont fortement opposés à la création d’un “plaider-coupable criminel” qui permettrait, en cas de reconnaissance de sa culpabilité et avec l’accord de la partie civile, à une personne accusée de crime, d’accepter une peine proposée par le ministère public. Peine qui ne pourrait excéder les deux-tiers de la peine encourue (30 ans lorsque la peine encourue est la réclusion criminelle à perpétuité) et devrait être homologuée par une cour d’assises. « Ce projet nous paraît gravement attentatoire aux droits de la défense et aux droits des victimes », a affirmé la bâtonnière du barreau de Grenoble, M e Sandrine Fiat, lundi, lors d’une conférence de presse.
La grève des comparutions sur reconnaissance de culpabilité (CRPC) et des désignations pour les auditions libres de mineurs et les demandes de renvoi de toutes les audiences de la chaîne pénale (tribunal judiciaire, cour d’appel, instruction) vont donc se poursuivre « sans date limite », l’idée étant de « maintenir le mouvement jusqu’à la présentation du texte à l’Assemblée nationale, en juin », selon un représentant de l’ordre. « L’opposition reste la même, avec la même détermination », précise-t-on.