Les habitants de Tournefeuille (Haute-Garonne), une commune de l’agglomération de Toulouse, vont devoir retourner aux urnes. Le 22 mars, c’est le maire socialiste sortant Frédéric Parre qui a remporté le scrutin devant Laurent Soulié, le candidat centriste, grâce à une voix de plus, soit 6 262 voix contre 6 261 ! Un scrutin serré qui avait amené le perdant à déposer un recours devant le tribunal administratif de Toulouse pour faire annuler l’élection. Aujourd’hui, c’est le préfet de la Haute-Garonne qui réclame l’annulation du scrutin après un courrier à la juridiction administrative.

« Le contrôle du matériel électoral relatif au second tour de l’élection des conseillers municipaux et communautaires du 22 mars a révélé plusieurs irrégularités dans les opérations de dépouillement et décompte des voix (validation irrégulière d’un bulletin de vote, discordances constatées avec les bulletins décomptés et/ou le nombre de votants), indique Pierre-André Durand, préfet de Haute-Garonne. Ces irrégularités conjuguées à l’écart d’une voix entre les deux listes candidates sont de nature à altérer la sincérité du scrutin ».

En effet, dans le bureau 9, le nombre de votants était supérieur au nombre d’émargements (671 contre 670) ; dans le bureau 14, un bulletin en faveur de la liste gagnante aurait dû être compté comme nul puisqu’une carte d’électeur avait été trouvée dans l’enveloppe et dans le bureau 20, où la liste perdante était en tête, le nombre de bulletins recensés était supérieur au nombre d’enveloppes dans l’urne (638 contre 635).

« Les irrégularités que nous avions constatées ne sont pas marginales »

Laurent Soulié salue cette saisie du tribunal administratif par le préfet, « une étape importante puisque l’État confirme que les irrégularités que nous avions constatées ne sont pas marginales. Nous attendons la décision du juge avec impatience et si la sincérité du scrutin a été altérée, la seule solution est de redonner la parole aux habitants de Tournefeuille ».

Frédéric Parre, le maire réélu, a installé son conseil municipal le 28 mars, qui doit voter le budget le 28 avril. La décision du préfet n’est évidemment pas une surprise pour l’édile. « On ne peut pas faire autrement compte tenu de l’écart d’une voix et des irrégularités relevées, souligne-t-il. On savait que les élections seraient serrées mais pas dans ces conditions. Si le tribunal administratif décide d’annuler le scrutin, je repartirai en campagne ».

Le tribunal administratif de Toulouse dispose de trois mois après le dépôt du recours de la liste perdante, à savoir jusqu’à fin juin, pour rendre sa décision.