À Saint-Etienne, la Ligue de protection des oiseaux (LPO) forme des bénévoles pour « approfondir les expériences » et reconnaître les différentes espèces. Il faut dire que l’enjeu est énorme, car beaucoup d’entre elles sont menacées.
C’est le cas notamment du moineau domestique, habituellement très présent en ville, mais dont la population diminue drastiquement. « On a constaté une baisse de 17 % ces 30 dernières années », constate Maëline Escurat-Besset, chargée de mission nature en ville au sein de la LPO de Saint-Etienne. En cause, plusieurs facteurs, dont la rénovation des bâtiments, qui élimine les cavités dans lesquelles cette espèce protégée se reproduit entre mars et septembre. « En faisant des isolations par l’extérieur ou des réfections de façades, on détruit les sites de reproduction », explique la spécialiste, qui parle de « crise du logement » pour le moineau domestique.
Plus rien à manger, et un climat hostile
À cette crise s’en ajoute une autre, au niveau alimentaire cette fois. L’espèce se nourrit en effet essentiellement d’insectes, et le déclin important de ces derniers demande beaucoup d’énergie au moineau domestique pour trouver de quoi se nourrir. « Il en perd aussi beaucoup en recherchant un autre site où se reproduire », poursuit Maëline Escurat-Besset, qui ajoute à ces facteurs « une pression supplémentaire, celle du changement climatique ». Fortes températures et grosses intempéries nuisent en effet au moineau domestique, mais « on peut agir ».
Formation de bénévoles… et des professionnels du bâtiment
Contre la crise du logement que subit le moineau domestique , des mesures compensatoires sont prises, comme la création de nouveaux habitats favorables, avec la pose de nichoirs. « Lorsqu’on procède à une rénovation thermique, on s’inscrit dans le régime dérogatoire et on doit compenser au minimum à coefficient deux. Mais on peut aller au-delà. Nous communiquons le plus possible sur les enjeux et la protection des espèces menacées, car on ne voit pas forcément le nid. » Cela passe par la formation de bénévoles, donc, mais aussi des professionnels du bâtiment sur la faune liée au bâti.
« Quand on pense biodiversité, on ne pense pas forcément à la ville »
Quant à la crise alimentaire, sa résolution peut passer par une gestion écologique autour des espaces verts, en favorisant la présence des insectes. « Quand on pense biodiversité, on ne pense pas forcément à la ville. Mais là aussi, il a des enjeux très forts », estime la chargée de mission au sein de l’association stéphanoise, qui travaille aussi avec les collectivités et dispose d’un refuge pour la biodiversité en plein cœur de la ville, au parc de Montaud, où des arbres à cavités jouent un rôle crucial.