Par
Ivan CAPECCHI
Publié le
15 avr. 2026 à 7h02
L’Allemagne va réduire pendant deux mois une taxe sur les produits pétroliers pour soulager automobilistes et entreprises confrontés à la hausse des prix des carburants due à la guerre au Moyen-Orient, a annoncé lundi le chancelier Friedrich Merz.
Une réduction d’environ 17 centimes par litre
La guerre au Moyen-Orient « est la véritable cause des problèmes que nous connaissons », a déploré le dirigeant allemand en annonçant cette baisse provisoire de la taxe énergétique sur le diesel et l’essence, à hauteur d’environ 17 centimes par litre, à l’issue de négociations entre partenaires conservateurs et sociaux-démocrates de la coalition gouvernementale.
Une prime de 1 000 euros défiscalisée
M. Merz a également annoncé une exonération d’impôts pour une prime de compensation de 1 000 euros que les entreprises volontaires voudraient bien verser à leurs salariés.
Les mesures annoncées vont coûter environ 1,6 milliard d’euros aux finances publiques, selon la ministre sociale-démocrate du Travail, Bärbel Bas.
Une hausse du tabac pour compenser
Pour compenser ces pertes de recettes, la coalition veut appliquer dès 2026 la hausse programmée de celle sur le tabac, a annoncé le ministre social-démocrate des Finances, Lars Klingbeil.
Pas de taxe sur les surprofits pétroliers
La piste d’un impôt sur les surprofits pétroliers que ce dernier défendait a en revanche été écartée, M. Merz disant privilégier des « mesures en vertu du droit de la concurrence et du droit fiscal ».
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Une aide limitée dans le temps
« Nous ne pouvons pas compenser par des moyens publics chaque résultat, chaque évolution sur les marchés », a expliqué M. Merz, à la tête d’une coalition devenue très impopulaire, pour expliquer la durée limitée de l’abaissement de cette taxe.
« L’État ne peut pas absorber toutes les incertitudes, tous les risques, toutes les perturbations de la politique mondiale », s’est-il défendu.
Des réactions contrastées
« Les allègements à court terme vont dans le bon sens », a salué le syndicat IG Metall dans un communiqué, mais « une stabilisation [des revenus] à moyen et long terme est nécessaire ».
En revanche, l’économiste Marcel Fratzscher de l’institut DIW a qualifié ces mesures de « socialement déséquilibrées » au détriment des faibles et moyens revenus.
Et le risque existe qu’ »une part importante » de l’abaissement de la taxe « n’atteigne pas les consommateurs, mais finisse sur les comptes des compagnies pétrolières », selon lui.
Cette mesure est « l’une des pires solutions envisageables » car « coûteuse et peu ciblée », a également critiqué Michael Holstein, chef économiste de DZ Bank, qui recommande plutôt de chercher à diminuer la consommation d’essence.
Une économie allemande sous pression
L’Allemagne doit s’attendre à ressentir « encore longtemps les conséquences » de la guerre au Moyen-Orient, « même lorsqu’elle sera terminée », a aussi prévenu le chancelier allemand, présidant « une charge considérable pour l’économie allemande ».
Début avril, les principaux instituts économiques du pays avaient estimé que le choc énergétique allait « freiner » la reprise de l’économie allemande, déjà en panne depuis des années.
Avec AFP
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