Le cessez-le-feu annoncé par l’Iran et les Etats-Unis a poussé la semaine dernière le gouvernement français à prédire une baisse du prix des carburants, de 5 à 10 centimes par litre. La réalité est autre, avec une chute d’un centime en moyenne dans les jours qui ont suivi, malgré une baisse du pétrole.
L’accalmie diplomatique entre Washington et Téhéran n’aura eu qu’un impact limité sur les dépenses des automobilistes français. Et pour cause, ce cessez-le-feu annoncé en grande pompe par Donald Trump n’en était pas un, et le détroit d’Ormuz n’a pas été libéré pour autant.
Des prix toujours au dessus de 2 € le litre
Le recul des prix des carburants reste donc symbolique. Selon les relevés gouvernementaux analysés ce lundi, la baisse moyenne avoisine à peine un centime d’euro, maintenant l’ensemble des tarifs au-delà du seuil critique des deux euros.
Dans le détail, le SP95-E10 s’affichait lundi matin à 2,001 euros le litre en moyenne, tandis que le SP98 atteignait 2,098 euros. Le gazole, malgré sa position de carburant privilégié dans l’Hexagone, demeure le plus onéreux avec un prix moyen de 2,330 euros.
Cette évolution timide contraste avec les relevés du 7 avril, veille de l’accord, où ces mêmes produits étaient facturés respectivement 2,018 euros, 2,114 euros et 2,337 euros. La décrue réelle oscille ainsi entre 0,7 et 1,7 centime, une dynamique bien inférieure aux prévisions initiales.
Un cessez-le-feu qui n’a pas tenu
Cette résistance des prix à la pompe déçoit les attentes des observateurs et du secteur. Olivier Gantois, président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), avait pourtant anticipé une baisse plus marquée.
« Si le cours du pétrole se stabilise » autour de 92 à 95 dollars le baril, cela « veut dire que très rapidement on verra les prix à la pompe en France baisser de 5 à 10 centimes », avait-il dit. L’exécutif avait également accentué la pression sur les distributeurs, le Premier ministre Sébastien Lecornu appelant dès vendredi à une répercussion tarifaire visible avant le début de la semaine.
Toutefois, la volatilité du marché pétrolier entrave cette tendance baissière. Après un repli immédiat consécutif à l’annonce diplomatique, les cours du brut ont renoué avec la croissance, portés par les incertitudes et la réalité de la non-existence d’un cessez-le-feu.
Lundi, le baril franchissait à nouveau la barre des 102 dollars. Sur une échelle plus large, le bilan reste lourd pour les usagers : depuis le déclenchement du conflit le 28 février, les tarifs ont bondi de 27 à 28 centimes pour les essences et de 61 centimes pour le gazole.
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Pour résumer
Le prix des carburants n’a quasiment pas baissé malgré l’annonce du Premier ministre français, qui avait évalué la chute des prix entre 5 et 10 centimes par litre. Mais la fragilité du cessez-le-feu a eu raison de la baisse espérée, laissant l’essence et le gazole au dessus des deux euros par litre.
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