Par
Melanie Faure
Publié le
15 avr. 2026 à 18h01
Il est illégal de s’en procurer en France depuis 2013. Et pourtant, ce produit chimique continue à tourner. Et à faire des ravages. Le Sniper 1000, présenté comme un moyen de lutte contre les punaises de lit et les cafards, est la source d’intoxications en France et notamment à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône. Selon les autorités, qui tirent la sonnette d’alarme, une trentaine de cas ont été recensés au niveau départemental.
Une hausse inquiétante
En effet, du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2025, les Centres antipoison ont enregistré 363 événements concernant le Sniper 1000, dont 31 dans les Bouches-du-Rhône uniquement. Une particularité : les départements voisins de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur n’ont recensé que 3 cas, pour les Alpes-Maritimes, et 2, au niveau du Vaucluse.
Il s’agit d’une hausse inquiétante de son utilisation : entre 2018 et juin 2023, on ne recensait « que » 206 cas d’intoxication.
Parmi les intoxications, la majorité était liée à l’utilisation du « Sniper 1000 » contre des nuisibles au domicile, puis plus marginalement à une ingestion accidentelle par un enfant ou enfin volontaire, dans un but suicidaire.
Quatre personnes mortes intoxiquées
Pourquoi le Sniper 1000 est-il interdit au sein de l’Union européenne depuis 2013 ? En raison de sa « toxicité élevée », alerte l’Agence Régionale de Santé (ARS). Les personnes exposées au Sniper 1000 peuvent développer des problèmes de santé respiratoires, oculaires et des troubles neurologiques pouvant engendrer une perte de connaissance, ainsi que des réactions allergiques cutanées.
Plus grave encore : ces symptômes peuvent « aller jusqu’au décès ». Parmi les cas recensés, un sur dix était de gravité moyenne et quatre sont morts.
Mais comment est-il possible de se procurer cette petite bouteille plastique qui éradique ces insectes parasites ? Le Sniper 1000 est vendu « illégalement sur des marchés, dans des bazars ou sur internet » et passe au travers des saisies régulières de flacons des autorités sanitaires.
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De Paris à Marseille, un trafic qui s’étend
« Importé principalement d’Afrique subsaharienne », le Sniper 1000 fait l’objet d’un « important trafic francilien qui s’étend désormais à d’autres grandes villes de France », rapporte l’ARS. Près de 7 expositions sur 10 se sont produites en Île-de-France – dont plus d’une sur cinq dans le seul département de la Seine-Saint-Denis -, où le produit avait été acheté principalement sur des marchés ou dans des bazars.
Mais « contrairement au précédent bilan », le produit circule désormais sur tout le territoire, des intoxications ayant été rapportées à Marseille, Limoges, Lyon et en Outre-mer notamment, souligne l’agence sanitaire.
Une demande certainement liée à la difficulté de se débarrasser des punaises de lit avec les moyens mis en vente dans le commerce. Et pour cause : les punaises de lit résistent à « la quasi-totalité des insecticides en vente libre ». Ainsi, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) recommande, si l’infestation persiste, de recourir à un professionnel certifié.
Les autorités sanitaires alertent sur des intoxications au Sniper 1000, interdit mais utilisé contre les punaises. Le nombre de cas est préoccupant dans les Bouches-du-Rhône.
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