Par
Rédaction Paris
Publié le
15 avr. 2026 à 18h16
; mis à jour le 15 avr. 2026 à 18h25
Une plainte a été déposée contre l’équipe de l’émission de télévision Cash Investigation pour non-dénonciation de mauvais traitements après la diffusion d’une émission sur le périscolaire à Paris, a appris l’AFP mercredi auprès des avocats d’une famille concernée.
L’équipe de Cash Investigation et la société de production Premières Lignes, visées par la plainte, ont réfuté des accusations « inexactes et mensongères », assurant au contraire avoir joué leur « rôle de service public » avec cette émission diffusée le 29 janvier.
Des images conservées neuf mois avant diffusion
La plainte vise aussi Élise Lucet, présentatrice de l’émission, Claire Tesson, sa réalisatrice, Luc Hermann et Paul Moreira, producteurs de ce numéro, ainsi que Maria Ivanchysyn, la journaliste ayant tourné les images au sein de l’école au printemps 2025, ont indiqué les avocats du cabinet Joshua, représenté par Me Julien Roelens.
Ces derniers précisent avoir été « mandatés par les parents d’un enfant victime de viols par des animateurs périscolaires de l’école maternelle Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement ».
« À compter d’avril 2025 », la journaliste a « filmé en caméra cachée, au sein de l’école, des animateurs périscolaires faisant subir à des enfants de trois à cinq ans des violences physiques et psychologiques, des privations et une agression sexuelle », a affirmé Me Roelens dans un communiqué.
« Ces images – sélectionnées parmi 27 heures de rushs – ont été tenues secrètes pendant neuf mois, sans qu’aucun signalement aux autorités judiciaires ou administratives ne soit effectué », a-t-il dénoncé, en précisant que « leur diffusion en prime-time sur France 2 a entraîné la suspension immédiate des animateurs concernés ».
Cash Investigation répond
Cash Investigation assure au contraire que « dès le 7 mai 2025, soit au moment où notre journaliste tourne, la CASPE (Circonscription des affaires scolaires et de la petite enfance) et les services de la mairie de Paris ont déjà pris la décision de suspendre un animateur pour suspicion de faits à caractère sexuel ».
« Notre journaliste n’a évidemment jamais assisté aux faits qui sont reprochés à l’animateur […]. Il est donc absolument faux de parler de + dissimulation jusqu’à la diffusion +, les autorités en charge étaient déjà informées en mai de suspicions d’agression sexuelle », ajoutent Cash Investigation et Premières Lignes dans leur réaction à l’AFP.
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Par ailleurs, « nous n’avons jamais filmé de scène de privation au sens pénal du terme. Notre journaliste a filmé des cris et un baiser sur la bouche donné par une animatrice à un enfant, dans la cour et en présence d’autres animateurs », se défend l’émission.
Cash Investigation ajoute avoir « sollicité la mairie de Paris pour (la) faire réagir », précisant que « Patrick Bloche, premier adjoint […] en charge du périscolaire depuis 2017 », n’a répondu qu’« après de longs mois de relance ».
La ville de Paris est secouée par un scandale dans le périscolaire. Depuis début 2026, 78 agents ont été suspendus dans les écoles parisiennes, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles, des chiffres traduisant un caractère « systémique » des violences, a reconnu récemment le nouveau maire de Paris Emmanuel Grégoire, qui a dit comprendre la « colère légitime » des familles.
AFP
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