La justice contre le journalisme. Selon nos confrères du Figaro, l’émission Cash Investigation est visée par une plainte pour « non-dénonciation de mauvais traitements ». Julien Roelens, avocat d’une famille de victimes de l’école Saint-Dominique, qui représente un enfant de cinq ans, a expliqué que « cela aurait permis de protéger les enfants ».

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« Ainsi, à compter du mois d’avril 2025, la société Premières Lignes était en possession de séquences montrant des violences physiques et psychologiques, des privations et a minima une agression sexuelle, commises sur des enfants âgés de trois à cinq ans. Ces séquences et ces faits ont été dissimulés jusqu’à la diffusion de l’émission le 29 janvier 2026 », ajoute l’avocat. Pour Me Julien Roelens, le but est d’« identifier les chaînes de responsabilités directes ou indirectes des personnes qui avaient l’obligation de donner l’alerte et ont choisi de ne pas le faire, rendant ainsi ces faits abominables possibles ». Une exigence qui s’inscrit dans un cadre légal strict : l’article 434-3 du code pénal prévoit une peine allant jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende si les autorités ne sont pas informées d’une infraction concernant des mineurs.

La réponse de Cash Investigation

Sur le réseau social X, l’émission a jugé dans un communiqué de presse que cette plainte était « extrêmement inquiétante, en ce qu’elle vise une équipe de journalistes qui a mené un rigoureux travail d’investigation sur un sujet d’intérêt général, révélant au grand public des faits graves et systémiques ». L’équipe de journalistes ajoute qu’« il est donc absolument faux de parler, comme le fait l’avocat, de “dissimulation jusqu’à la diffusion”, puisque les autorités en charge étaient déjà informées en mai 2025 de suspicions d’agression sexuelle, auxquelles elles avaient réagi par cette décision de suspension ».

La rédaction de l’émission se défend enfin en expliquant : « Notre mission en tant que journalistes est d’informer sur des situations problématiques, d’alerter sur des dérives ou sur des défaillances systémiques, en recueillant notamment la parole des victimes, des témoins et des institutions mises en cause. Mais nous ne devons en aucun cas nous substituer au travail de la police et de la justice ». Pour les journalistes chapeautés par Élise Lucet, « l’avocat dénature les faits pour servir sa stratégie de défense, en passant délibérément sous silence ces éléments, très clairement évoqués dans ce numéro de Cash Investigation ».