La Comédie du Livre de Montpellier se tiendra du 15 au 24 mai prochain. 274 auteurs y sont attendus pour des rencontres, des ateliers, des dédicaces.

Pour démarrer une grande voix de la littérature ukrainienne Sofia Andrukhovych. Pour terminer dix jours plus tard, un rencontre sous forme de dialogue entre Elias Sanbar, intellectuel et militant palestinien et Elie Barnavi, historien, essayiste et diplomate israélien. La 41e Comédie du livre, qui se déroulera entre le 15 et le 24 mai, dont les trois derniers jours dans les jardins du Peyrou, pourrait avoir pour sous-titre le mot « résister ».

220 moments de rencontres programmés

Au moment de dévoiler sa riche programmation, le maire de Montpellier Michaël Delafosse a souligné la nécessaire volonté politique pour défendre « avec opiniâtreté la culture. Car elle a besoin de constance, et de convictions. Les temps sont durs certes, et on voit des maires baisser les crédits. Nous devons au contraire résister. Résister à l’époque qui n’érige plus le livre en politique publique et résister à ce qui se passe dans l’édition où l’on voit l’internationale réactionnaire à l’œuvre. »

Le premier des festivals montpelliérains

Et dans ce que le maire décrit comme un « climat pesant », il évoque la difficulté de la librairie Sauramps qui, au vu de ses difficultés financières actuelles, ne sera pas présente sur l’évènement. « Nous serons à leurs côtés tant que nous pourrons. » Citant Gramsci, Michaël Delafosse promet que « l’optimisme de la volonté » sera bien en action pour un évènement qui verra 220 moments de rencontres, conférences, ateliers, etc., proposés gratuitement au public. Après un petit tacle au nouveau maire d’Avignon, Olivier Galzi (qui sur France Inter a avoué à la fois ne pas être allé au festival de sa ville l’an dernier et y déplorer la présence de drapeaux palestiniens), le maire a assuré de la liberté totale dont bénéficiaient les festivals montpelliérains. La Comédie du livre ouvrant d’ailleurs le bal des festivals puisque le Printemps des comédiens, Montpellier Danse et le festival de Radio-France suivront, braquant les projecteurs sur la ville pendant près de trois mois.

220 moments de rencontres

274 autrices et auteurs participeront à la 41e Comédie du livre de Montpellier.

Deux maisons d’édition sont invitées, Christian Bourgois qui fête ses 60 ans cette année et aura cinq de ses auteurs dont Jon Kalman Stefanson, célèbre romancier islandais (une rencontre est prévue le 21 mai, salle Molière), mais aussi l’éditeur québécois La peuplade, présent pour la première fois en France.

Plumes de presse est un événement à part, conçu par l’Université Paul-Valéry. Le thème du journalisme, enquêtes et littérature du réel promet des moments passionnants. On y parlera fiction et non fiction, écriture de procès, romans noirs et enquêtes (avec pour invités Fabrice Arfi, David Dufresne, Julie Brafman…).

Les enfants ne sont pas oubliés puisqu’une vingtaine d’auteurs jeunesse seront à Montpellier. Le nouveau centre d’art pour les petits Mille formes, accueillera notamment Leire Salaberria autrice d’un album Les loups avec les loups. Les petits auront aussi droit à des lectures, parfois musicales, des ateliers…

 

Quinze librairies engagées

Dans les soubresauts du monde, la Comédie ne sera donc pas « un festival d’acquiescements, mais plutôt de questionnements, de contestations, de résistance », a promis Régis Penalva. Il faudra s’y laisser surprendre et ne pas sombrer sous l’offre (objectivement pléthorique). Les éditeurs de la région – ils sont 67- ont par exemple selon lui, « des catalogues dont l’inventivité et l’intérêt n’a rien à envier à ceux des grosses maisons ». Pour les lecteurs avides de valeurs sûres, les promesses seront tenues : Laurent Mauvignier, prix Goncourt, racontera son très beau roman La maison vide, le mercredi 20 mai, salle Molière. Le même jour, la rencontre proposée avec Gisèle Pélicot et Judith Perrignon fera assurément salle pleine (elle se fera sur inscriptions), celle du 18 mai avec l’historien Patrick Boucheron auteur de La Peste noire cet « événement monstre » qui décima l’Europe au XIVe siècle sera évidemment passionnante. Il conviendra de se laisser séduire par la carte blanche très féministe offerte à Salomé Saqué… Aller écouter Natacha Appanah mais aussi Aurélie Valognes, et puis traîner dans les allées du Peyrou et en repartir avec des livres sous le bras. Les quinze librairies montpelliéraines engagées n’attendent que ça.