La 28e édition de la foire, qui s’est tenue du 9 au 12 avril, a capté quelque 87 275 visiteurs, en légère augmentation par rapport à 2025.
« Malgré la guerre, malgré les bombes, c’est important pour nous d’être présents, de montrer que l’art libanais vit, voyage et apporte de la lumière dans les ténèbres », témoignait le jour du vernissage d’Art Paris Saleh Barakat, galeriste de Beyrouth. Dans sa main, un téléphone montrant la pluie de bombes envoyées par Israël sur Beyrouth le mercredi 8 avril. Sur son stand, les céramiques décorées de cèdres d’Hala Matta avaient tout du symbole. Le spectre des conflits mondiaux inquiétait les galeristes au début de la foire, et si la fréquentation était soutenue dès le vernissage, nombre d’enseignes constataient un rythme de ventes assez lent. Comme souvent avec Art Paris, les 165 exposants en provenance de 20 pays ont davantage fait affaire durant le week-end. Si la baisse du visitorat international s’est fait ressentir, des transactions à six chiffres ont été observées chez des galeries comme Wienerroither & Kohlbacher ou Opera. Dans le secteur Promesses, vitrine des jeunes enseignes, la Parisienne Camille Pouyfaucon note qu’elle a exclusivement vendu à des nouveaux collectionneurs : « Cela rend ces acquisitions particulièrement intéressantes en termes de rencontres, et confirme la pertinence de la participation à Art Paris pour élargir et diversifier le public de la galerie. » Comme chaque année, nous proposons un bilan de la foire sous forme de transactions commentées, dans toutes les gammes de prix.
2 000 €
Soonyoung Kwon, Still life 15
SoSo (Paju, Séoul, Gyeonggi)
Ni nuit, ni jour, ni paradis, ni enfer : les jardins des délices de Soonyoung Kwon (née en 1975) sèment les graines de l’incertitude. Dans la dizaine de petites œuvres présentées, l’artiste sud-coréenne approfondit la thématique centrale de son œuvre : l’absurdité du monde. Dans Still life 15 (2025), le carnaval et la vanité fusionnent sur du papier coréen hanji. Au pied d’un vase de fleurs géant, un squelette, la cigarette au bec, se détend, tandis qu’un peu plus loin, des familles de batraciens sont obnubilées par leur jeu de cerf-volant. Chez Kwon, Noël et Halloween ont lieu au même moment. « Nous présentions son travail pour la première fois à Art Paris, et de nombreux visiteurs ont eu du mal à détourner leur regard de ses œuvres, relate Yijeong Park, responsable des expositions de la galerie. Les demandes de renseignements ont…