C’est une ambition parmi beaucoup d’autres pour laquelle la Fondation de l’université et des hôpitaux universitaires de Strasbourg est mobilisée : « Permettre à des étudiants de mener à bien leurs études dans de bonnes conditions », résume la directrice du développement Hélène Monot. Créées en 2010, plus de 200 bourses d’excellences, exclusivement financées par des dons et legs, ont au total été octroyées à des néobacheliers ayant obtenu une mention bien ou très bien au baccalauréat : 300 € par mois (150 € si l’étudiant vit chez ses parents) pendant trois ans, conditionnés à la réussite des années. « Cette bourse ne va pas composer pour moi, mais c’est un stress en moins », témoigne Jean, qui a intégré Sciences Po après avoir rejoint les Cordées de la réussite, programme visant à promouvoir l’enseignement supérieur auprès des jeunes de milieu modeste ou rural. Ils sont 30, comme lui, à avoir été sélectionnés cette année, parmi 150 dossiers de candidatures.

Améliorer les conditions de vie des étudiants

« Ce sont des dons qui font la différence et permettent de changer drastiquement les conditions de vie des étudiants », insiste Camille Fauth, vice-présidente Égalité, parité, diversité et lutte contre les discriminations à l’université de Strasbourg, consciente que les besoins ont progressé ces dernières années avec l’aggravation de la précarité étudiante.

Un contexte à l’origine d’une volonté de montée en puissance de ce programme. L’objectif affiché de passer à 50 bourses par an d’ici deux ou trois ans devra sa réussite à la générosité des particuliers et entreprises, au-delà du cercle universitaire dont est actuellement issu le gros des 800 donateurs. « On serait ravis d’avoir de nouveaux legs, c’est un formidable outil de transmission », glisse Hélène Monnot. Ces dernières années, le legs d’un appartement a permis de financer des bourses dans le domaine des Sciences de la vie. Originaire de la région d’Orléans, Léa, en a bénéficié. « J’ai pu m’acheter une tablette. Ça a beaucoup allégé mes préoccupations financières », livre l’étudiante. Elle songe à poursuivre ses études en génétique ou biologie moléculaire. Jean hésite encore, mais il entend bien « renvoyer l’ascenseur plus tard ».